Dans la banlieue de Mohammedia, à la lisière de la commune de Mansouria, s’étend la «forêt 33», également connue sous le nom de Oued Nfifikh. Loin d’être un simple espace vert, ce site est devenu ces dernières années le théâtre de faits divers alarmants, se transformant en une zone isolée hors de la loi, où prospèrent des marchés de substances illicites à l’abri des regards. Dissimulées sous le couvert d’arbres traversés par les fumées de chira, de kif et de crack, ces activités ont fracturé les liens sociaux. C’est ainsi que la forêt a rapidement gagné le sinistre qualificatif de «cimetière des jeunes» et de repaire pour les gangs criminels, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 5 novembre.
L’affaire s’est ébruitée avec une macabre découverte, révélant un réseau complexe de tentes et de cabanes de fortune érigées au cœur de la forêt. Ces abris servaient non seulement de refuges pour les criminels et les fugitifs échappant à la justice, mais aussi de plateformes de stockage et de distribution de divers types de stupéfiants. Les investigations préliminaires ont rapidement mis en lumière le rôle central de cette zone dans le trafic de drogue local, alimentant l’insécurité aux portes de Casablanca. La série de descentes menées par les forces de l’ordre a permis de démanteler ces structures illégales, de saisir des quantités importantes de produits prohibés, ainsi que des armes blanches et du matériel de communication. Des vidéos et des photographies largement partagées sur les réseaux sociaux ont documenté l’ampleur du trafic, révélant la présence de tentes calcinées, de motos brûlées et de traces flagrantes d’activités criminelles.
L’enquête a également conduit à l’arrestation de plusieurs individus soupçonnés d’être impliqués dans ces réseaux. Les recherches se poursuivent pour identifier l’ensemble des complices et des barons de la drogue qui tirent les ficelles dans l’ombre.
Les révélations entourant le meurtre tragique de deux jeunes hommes, dont les corps ont été retrouvés dans la forêt après plusieurs jours de disparition, ont jeté une lumière crue sur la violence inouïe qui règne dans ces parages. Les premiers éléments indiquent que les victimes, qui fréquentaient la zone, ont pu être prises au piège de règlements de comptes entre factions rivales se disputant le contrôle du marché de la drogue, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Face à cette situation critique, les autorités locales ont intensifié leurs opérations de ratissage et de sécurisation dans toute la région de Mohammedia et de Bouznika. L’objectif est double: neutraliser les cellules criminelles résiduelles et restaurer l’ordre public dans une zone qui, trop longtemps, a échappé au contrôle des institutions. La mobilisation des forces de gendarmerie, appuyées par des unités cynophiles et des moyens aériens, témoigne de la détermination de l’État à éradiquer ces foyers de criminalité. Cet épisode tragique relance par ailleurs le débat sur la nécessité d’une intervention globale combinant sécurité publique, politiques de prévention et prise en charge de la jeunesse pour endiguer la prolifération des réseaux de narcotrafic en périphérie des grandes métropoles.




