Au cours d’une réunion de la commission des finances tenue mardi à la Chambre des représentants, consacrée à la poursuite de la discussion du projet de loi de finances 2027, le ministre de l’Économie et des Finances, Fouzi Lekjaa, a présenté un exposé sur les dimensions organisationnelles, économiques, financières et fiscales liées à l’organisation de la Coupe du monde 2030.
Ces données revêtent une importance particulière, le projet de loi de finances comportant des dispositions fiscales et douanières offrant des avantages exceptionnels à plusieurs organes et personnes intervenant dans l’organisation de cette compétition footballistique. Il s’agit de la FIFA, des sociétés qui en relèvent, des fédérations de football y participant, des fournisseurs de services, des parties contractantes, ainsi que des catégories directement liées à cette manifestation, rapporte Al Akhbar de ce jeudi 5 novembre.
Sur le volet fiscal, Lekjaa a défendu les mesures inscrites dans le projet de loi, prévoyant l’octroi d’exonérations temporaires et limitées dans le temps à l’écosystème de la FIFA et aux organismes affiliés, en tant que composante du cadre financier et organisationnel accompagnant l’accueil des grandes manifestations footballistiques.
Ces exonérations concernent l’impôt sur les sociétés, la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus, la TVA et l’impôt sur le revenu dans des cas définis, ainsi que l’impôt sur certaines recettes soumises au prélèvement à la source et les droits d’enregistrement. Les périodes d’éligibilité à ces mesures sont réparties selon la nature des bénéficiaires et les opérations visées: certaines devraient entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2027, tandis que d’autres commenceront à être mises en œuvre le 1er janvier 2029. Les délais de plusieurs exonérations prendront fin au terme de l’année 2031, d’autres courant jusqu’à la fin de 2032.
Sur le plan économique, le ministre a passé en revue les répercussions attendues de cette manifestation, à travers une projection de croissance cumulative de l’investissement global de 21,2 % durant la période allant de 2023 à 2030, une augmentation du PIB de 13,2 % et la création de 840 000 emplois dans différents secteurs. Il est également prévu l’arrivée de 26 millions de touristes à l’horizon 2030, un franchissement de la barre des 156 milliards de dirhams de recettes touristiques et la création de 158 000 emplois supplémentaires, relaie Al Akhbar.
À l’issue de l’exposé, les interventions des députés ont porté sur les différentes dimensions économiques, fiscales, institutionnelles et de développement liées à l’organisation de cette compétition. Ils ont souligné que la Coupe du monde 2030 dépasse sa seule dimension sportive pour constituer un projet national et stratégique nécessitant la mobilisation de tous les secteurs, établissements et acteurs.
Il convient, selon eux, d’exploiter ses dimensions de développement et son rayonnement pour renforcer l’image du Maroc et sa place à l’échelle internationale, ainsi que pour faire connaître son identité, sa valeur et ses spécificités culturelles et civilisationnelles. Certains intervenants ont mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche faisant de cette manifestation un chantier de développement national garantissant que les différentes régions du Royaume en bénéficient.
Abordant les marchés publics, d’autres intervenants ont insisté sur l’instauration de la transparence, de la concurrence, de l’égalité des chances et sur l’activation de la préférence nationale, de manière à assurer la participation des grandes entreprises et des PME marocaines aux chantiers liés à cette manifestation. Les députés ont également appelé à établir des rapports périodiques et à les remettre à la commission parlementaire compétente, comportant l’avancée des travaux, le degré de respect de la programmation temporelle et les engagements financiers et organisationnels, écrit Al Akhbar.
En réponse à ces observations, le ministre a indiqué que le pari marocain ne saurait se limiter à l’accueil de cette manifestation: il faut l’appréhender comme un chantier national intégré et une occasion d’accélérer le rythme de réalisation des grands projets, de développer les infrastructures et de renforcer l’interconnexion entre les différentes régions.




