Banques: les champions marocains imposent leur modèle d’efficience en Afrique

Des banques marocaines (Photo d'illustration)

Revue de pressePortées par une digitalisation soutenue et une rigueur opérationnelle accrue, Attijariwafa bank, la BCP et Bank of Africa affichent des frais de fonctionnement bien inférieurs à la moyenne continentale. Une performance technologique et financière qui permet au trio marocain de devancer largement ses concurrents sud-africains et subsahariens. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 04/11/2026 à 20h56

Les trois établissements systémiques du secteur bancaire marocain s’imposent aujourd’hui comme des modèles d’efficience sur le continent africain en maintenant leurs frais de fonctionnement à un niveau nettement inférieur à la moyenne régionale. C’est ce que relève le magazine Jeune Afrique, qui précise que la moyenne des dépenses opérationnelles du panel analysé s’établit à 50 dollars, tandis que le trio de tête du Royaume parvient à contenir ce montant autour de 43 dollars.

Cette maîtrise budgétaire s’explique principalement par une forte accélération de la transformation technologique et un virage numérique habilement négocié. Ce dynamisme permet aux champions nationaux d’afficher des performances opérationnelles supérieures et de distancer plusieurs de leurs homologues sud-africains.

Attijariwafa bank se hisse au deuxième rang continental de ce classement avec un ratio de 27,9%, devancée uniquement par le groupe nigérian Guaranty Trust Holding Company. Cité par Jeune Afrique, le président-directeur général du groupe, Mohamed El Kettani, attribue ces résultats à une capacité constante à conjuguer croissance, innovation, rigueur financière et solidité opérationnelle, grâce à la numérisation des services. Cette dynamique est renforcée par le lancement d’outils novateurs, à l’image de l’application Simple, ce qui conduit les agences de notation comme S&P Global Ratings à anticiper le maintien d’une rentabilité et d’une efficacité nettement supérieures à la moyenne du marché.

Dans le sillage d’Attijariwafa bank, la Banque centrale populaire et Bank of Africa confirment la performance du secteur bancaire marocain en occupant respectivement les quatrième et septième positions. Avec un taux de 44,6%, la BCP se positionne juste derrière l’établissement kényan KCB grâce à un contrôle strict de ses frais généraux à périmètre constant, favorisé par la digitalisation des processus et une optimisation continue du réseau d’agences. De son côté, Bank of Africa fonde ses performances sur une croissance de ses revenus plus rapide que celle de ses charges, largement soutenue par l’intégration croissante des canaux numériques dans la distribution de ses produits.

L’agilité de ce trio marocain apparaît particulièrement marquée au regard de la situation des géants bancaires sud-africains. Les quatre principaux établissements du pays affichent tous un coefficient d’exploitation supérieur à 50%, allant de 50,2% pour Standard Bank à 57,8% pour Nedbank. «Chez Absa Bank, qui enregistre un ratio de 53,8%, la direction reconnaît ouvertement que les objectifs stratégiques en matière d’efficacité opérationnelle ne sont pas encore atteints, illustrant ainsi les difficultés d’ajustement structurel auxquelles font face ces acteurs régionaux», souligne Jeune Afrique.

À l’autre extrémité du classement, les groupes francophones d’Afrique subsaharienne accusent un retard important et occupent majoritairement le bas du tableau. Si des institutions telles qu’Ecobank ou Coris Holding parviennent à se maintenir au milieu du classement, d’autres, comme BGFIBank, NSIA Banque ou AFG Bank, affichent des ratios compris entre 56% et 59,4%. Cette sous-performance, particulièrement marquée chez AFG Bank, lanterne rouge du classement, s’explique en grande partie par le coût élevé des stratégies d’expansion régionale, notamment par la complexité de l’intégration des établissements de microfinance acquis ces dernières années.

Par La Rédaction
Le 04/11/2026 à 20h56