Câble sous-marin Maroc-Royaume-Uni: l'allemand Conenergy rejoint l'aventure Xlinks

Un cable sous-marin de type HDVC, fabriqué par la compagnie britannique XLCC. . XLCC / Linkedin

L’allemand Conenergy annonce, ce lundi 14 novembre 2022, avoir conclu un partenariat financier et stratégique avec la start-up britannique Xlinks autour du projet de câble électrique sous-marin reliant le Maroc au Royaume-Uni.

Le 14/11/2022 à 17h44

Alors que le flou persiste toujours autour du mode de financement du mégaprojet de Xlinks, nécessitant un investissement de l’ordre de 22 milliards de dollars, la start-up britannique Xlinks vient de conclure un partenariat financier stratégique avec Conenergy, une société allemande de services énergétiques.

«Conenergy investit déjà dans de nombreux projets d'infrastructure et d'approvisionnement en énergies durables, y compris des entreprises telles que le leader mondial des infrastructures de recharge Chargepoint et de nombreuses autres start-up, et est ainsi le moteur de la transition énergétique, du chauffage et de la mobilité», indique l’allemand Conenergy dans un communiqué diffusé ce lundi 14 novembre 2022.

«Nous sommes impatients de travailler avec Conenergy, qui apporte son approche axée sur la durabilité et les solutions au monde de l'énergie. Nous sommes également particulièrement heureux d'accueillir le fondateur et PDG Roman Dudenhausen et son équipe dans la famille d'investisseurs Xlinks. Leur investissement démontre la confiance croissante des marchés et de notre industrie dans le projet et les avantages qu'il apportera», poursuit la même source, citant Simon Morrish, fondateur et PDG de Xlinks.

Roman Dudenhausen, PDG de Conenergy, a salué à son tour le partenariat scellé avec la start-up britannique. «Nous parlons depuis longtemps de ce projet avant-gardiste. Il est audacieux, innovant et durable. A notre avis, cela change la donne sur la voie d'un système énergétique européen vert, sûr et indépendant. Bien sûr, nous sommes très heureux d'être un partenaire financier et stratégique pour Xlinks et son équipe. D'autres projets communs sont déjà en cours de discussion», a-t-il affirmé.

Le communiqué de Xlinks et de Conenergy ne précise à aucun moment la nature du deal scellé, ni le montant de l’investissement mobilisé auprès de la société allemande, se contenant de rappeler les principales caractéristiques de ce projet qui, sur le papier, ambitionne de transporter plus de 10 GW d’électricité verte, produite à partir du vent et du soleil aux portes du Sahara marocain, via un câble électrique sous-marin, le plus long au monde, reliant le Maroc au Royaume-Uni. Un projet pharaonique qui, à ce jour, n’a fait l’objet d’aucune communication publique du côté du gouvernement marocain.

Selon nos informations, malgré la mobilisation d’une surface de 150.000 hectares appartenant au domaine privé de l’Etat au profit de Xlinks (comme rapporté dans les documents accompagnant les projets de lois de finances 2022 et 2023), le foncier du projet Xlinks n’est toujours pas sécurisé et la question est loin d’être tranchée. C’est la raison pour laquelle la présidente de la région de Guelmim-Oued Noun a dû revenir sur ses propos relayés par le média qatari, Aljazeera, où elle s’est prononcée pour la première fois sur les emplacements choisis pour accueillir les fermes solaires et éoliennes de projet Xlinks.

En effet, dans un premier temps, l’élue du RNI avait fait savoir que ce projet serait implanté au niveau des villages de Mahbès (relevant de la province d’Assa Zag) et de Chbika et Lamsid (province de Tan Tan). Plus tard, chez nos confrères de Médias24, Mbarka Bouaida s’est rétractée, affirmant que les zones de Mahbès, Chbika et Lamsid ne concernent pas uniquement les projets Xlinks, mais ont été plus généralement choisies pour des projets d’énergies renouvelables dans la région qu’elle préside.

Par Wadie El Mouden
Le 14/11/2022 à 17h44