Alors que le Maroc connaît une accélération sans précédent de ses chantiers d’infrastructure et redessine en profondeur son armature urbaine, une question essentielle se pose en amont de chaque coup de pioche: qui garantit réellement la fiabilité des sols, la conformité des matériaux et la pérennité des structures? Au cœur de cet édifice technique, les laboratoires d’essais, de contrôle et de métrologie jouent le rôle de thermomètre indispensable pour attester de la qualité des ouvrages, écrit le quotidien Les Inspirations Éco.
Pourtant, ces acteurs stratégiques évoluent encore au sein d’un écosystème juridique parsemé de zones grises, particulièrement en ce qui concerne l’imputation des responsabilités lors de la survenue de désastres ou de sinistres. Face aux risques de voir leur profession exposée à des poursuites injustifiées, la Fédération nationale des laboratoires de BTP, d’essais, de contrôle et de métrologie a récemment pris les devants en réunissant l’ensemble des professionnels du secteur pour aborder de front cette problématique cruciale de la protection des biens et de la responsabilité liée à la qualité des constructions.
Lors de cette rencontre fondatrice, le président de la Fédération, Aziz Fertahi, a rappelé combien l’activité des laboratoires demeure déterminante à chaque étape clé d’un projet, de la conception initiale jusqu’à la réception des travaux, en fournissant des diagnostics et des mesures d’une grande précision. Il a toutefois insisté sur la vulnérabilité inhérente à cette mission de haute technicité, dont l’exercice entraîne de lourdes implications sur les plans civils, pénaux et techniques. Selon lui, il est devenu impératif de délimiter rigoureusement les frontières professionnelles de chacun par rapport aux prérogatives des maîtres d’ouvrage, des entreprises, des bureaux d’études et des contrôleurs techniques, lit-on dans Les Inspirations Éco.
Trop souvent exposés au risque de servir de boucs émissaires lors de litiges ou d’effondrements, les laboratoires réclament avec insistance une répartition plus juste, équitable et strictement codifiée des obligations légales et contractuelles. Une préoccupation qui trouve un écho favorable auprès des autorités de tutelle. Également présent aux côtés des experts juridiques et géotechniques, Mohamed Kachar, représentant du ministère de l’Équipement, a reconnu que l’acte de bâtir repose sur une chaîne de solidarité où la défaillance globale ne saurait être portée par un seul acteur.
Cette concertation inédite sera donc le point de départ d’une transformation structurelle. Un plan d’action participatif est désormais en préparation entre la Fédération et les administrations compétentes afin d’actualiser et d’éclaircir l’arsenal législatif. L’objectif ultime est de doter le Royaume d’un cadre technique moderne et sécurisé, capable d’accompagner sereinement son immense élan constructif sans jamais transiger sur la préservation des deniers publics ni sur la sécurité des vies humaines.



