Autoroutes de l’eau: Nizar Baraka fait le point

Le programme de l’autoroute de l’eau entre les bassins hydrauliques de Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rabiê, permettra, grâce au transfert d’un excédent estimé à 1,2 milliard de mètres cubes par an à terme, de renforcer l’approvisionnement en eau potable de l’axe Rabat–Casablanca et de la région de Marrakech.

Revue de presseLe ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a détaillé l’avancement du projet de l’autoroute de l’eau reliant les bassins de Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rabiê, qui vise à renforcer l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation. Parallèlement, un dispositif de contrôle renforcé a été mis en place contre les infractions hydrauliques, en collaboration avec le ministère, la Gendarmerie Royale et la justice. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 01/04/2025 à 20h56

Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, s’est récemment exprimé sur l’état d’avancement du programme de l’autoroute de l’eau entre les bassins hydrauliques de Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rabiê. Ce projet, indique le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 2 avril, vise une valorisation optimale des ressources en eau et la réalisation d’une solidarité territoriale entre les bassins excédentaires et ceux enregistrant un déficit hydrique.

Dans un contexte marqué par une pénurie de ressources hydriques, le projet a été intégré au Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation 2020-2027. «Il permettra, grâce au transfert d’un excédent estimé à 1,2 milliard de mètres cubes par an à terme, de renforcer l’approvisionnement en eau potable de l’axe Rabat–Casablanca et de la région de Marrakech. Il en va de même pour l’amélioration de l’irrigation dans les périmètres de Doukkala, Beni Amir et Beni Moussa. Cela devrait préserver la nappe phréatique de Berrechid, utilisée pour répondre aux besoins agricoles», lit-on.

Bien que la première phase de liaison entre les bassins de Sebou et de Bouregreg ait été réalisée, la deuxième phase est en cours de finalisation des études, précise le quotidien. Selon Nizar Baraka, les travaux seront lancés dans le cadre d’un partenariat public-privé. Ils portent sur la connexion entre le bassin de Bouregreg, à partir du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, et le bassin d’Oum Er-Rabiê via le barrage Al Massira, avec un débit de 30 mètres cubes par seconde. L’augmentation du débit de transfert entre le bassin du Sebou et celui de Bouregreg est de 45 mètres cubes par seconde. «Cela portera la quantité moyenne d’eau transférée entre ces deux bassins à environ 800 millions de mètres cubes par an», lit-on encore.

La gestion de l’eau implique également un contrôle accru. Face aux défis entravant l’application rigoureuse de la loi sur l’eau, notamment en raison du manque de ressources humaines, le ministère de l’Équipement a renforcé son arsenal répressif en signant plusieurs conventions stratégiques, la plus récente ayant été conclue avec la Gendarmerie Royale.

Cette collaboration a déjà porté des fruits. Entre janvier et novembre 2024, pas moins de 1.223 procès-verbaux ont été dressés pour infractions au domaine public hydraulique. Parmi ceux-ci, 475 concernent des forages illégaux de puits et des sondages hydrauliques, tandis que 398 relèvent du captage d’eau non autorisé. Ce phénomène, préoccupant, est accentué par le vol massif d’eau. Dans la région d’Oum Er-Rabiê, ce détournement atteignait un million de mètres cubes par jour, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une grande ville en eau potable.

Le ministère a signé une convention avec la présidence du parquet général pour garantir un suivi judiciaire rigoureux des infractions constatées. En interne, un constat alarmant a été fait: la majorité des puits ne sont pas déclarés, rendant impossible une évaluation précise des quantités d’eau prélevées chaque année.

Pour améliorer l’efficacité des contrôles, une révision du décret de septembre 2018 est en cours. L’objectif est d’optimiser les procédures d’intervention des agents de la police de l’eau et de mettre en place des incitations matérielles basées sur leurs performances. Parallèlement, des sessions de formation ont été mises en place pour doter les agents des compétences juridiques et techniques nécessaires. À ce jour, 83 agents (dont 19% de femmes) ont été formés à la rédaction des procès-verbaux à l’Institut supérieur de la magistrature, tandis que 12 autres ont suivi une formation sur le prélèvement d’échantillons et la pose de scellés avec la Gendarmerie Royale.

Pour pallier le manque d’effectifs, 200 agents supplémentaires ont été déployés au sein des services centraux et déconcentrés du ministère, ainsi que dans les barrages et agences de bassins hydrauliques. L’une des innovations majeures réside dans la création de patrouilles mixtes composées d’agents de la police de l’eau et d’officiers de la Gendarmerie Royale. Équipées de moyens modernes –téléphones, matériel spécialisé et 29 nouveaux véhicules–, ces équipes sont dédiées exclusivement au contrôle et à la protection du domaine public hydraulique. Le ministère prévoit d’aller encore plus loin en renforçant la flotte automobile des agences de bassins, avec trois véhicules supplémentaires par agence.

Par Lamia Elouali
Le 01/04/2025 à 20h56

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