À Casablanca, les anciens étudiants du système américain explorent de nouvelles pistes de coopération avec le Maroc

De gauche à droite: aux côtés du modérateur, Amine Bensaid, président de l'Université Al Akhawayn, Khalid Baddou, directeur exécutif des Affaires Institutionnelles à l'UM6P et Oulaya Chouay, directrice de la coopération et du partenariat au ministère de l'Enseignement supérieur.

Réunis samedi 29 août à Dar America à Casablanca, quelque 200 anciens bénéficiaires d’EducationUSA venus de plusieurs villes du Maroc ont participé à une rencontre consacrée aux liens entre formation, entrepreneuriat et coopération économique. Pour la Mission des États-Unis au Maroc, ce réseau d’anciens étudiants constitue un relais entre les universités américaines et les acteurs marocains, avec un intérêt particulier accordé aux perspectives d’investissement dans le sud du Royaume.

Le 31/08/2026 à 19h53

La deuxième édition de la Rencontre de réseautage des anciens bénéficiaires d’EducationUSA a placé l’enseignement supérieur américain et ses anciens étudiants au centre des relations entre le Maroc et les États-Unis. Organisé le 29 août à Dar America Casablanca par la Mission des États-Unis au Maroc, l’événement a réuni des anciens étudiants d’établissements américains, des chefs d’entreprise ainsi que des partenaires universitaires.

Selon la Mission américaine, 200 anciens bénéficiaires venus de Casablanca, Rabat, Tanger et Dakhla ont pris part à la rencontre. Dans son allocution d’ouverture, Rose Custis, directrice de Dar America, a pour sa part évoqué la présence de «plus de 120» leaders, innovateurs et entrepreneurs dans la salle. Elle a présenté cette rencontre comme la deuxième édition annuelle de l’événement consacré au réseau des anciens bénéficiaires d’EducationUSA.

L’enseignement supérieur comme point d’appui aux relations bilatérales

Durant l’après-midi, Christopher Deutsch, nouveau consul général des États-Unis à Casablanca, a situé la rencontre dans le cadre plus large des relations entre Rabat et Washington. Il a rappelé que les deux pays entretiennent, selon ses termes, un «partenariat historique» qui s’étend sur 250 ans.

Pour le consul général, l’éducation constitue l’un des vecteurs permettant de maintenir et de développer ces relations. Les personnes ayant étudié aux États-Unis, a-t-il expliqué, contribuent à relier les deux pays à travers l’éducation, les affaires, la recherche et les échanges professionnels.

Christopher Deutsch a également insisté sur ce que représente, selon lui, une formation universitaire américaine au-delà du diplôme obtenu. Il a notamment évoqué les réseaux personnels et professionnels constitués pendant les études et susceptibles de continuer à jouer un rôle après le retour au Maroc.

La Mission américaine aspire à maintenir les liens entre les anciens étudiants et favoriser leur mise en relation avec des universités, des entreprises et des institutions marocaines et américaines. Le consul général a ainsi appelé les participants à identifier des «opportunités pratiques de coopération» et à développer de nouvelles relations professionnelles.

Les panels organisés durant la rencontre ont élargi le débat à la contribution de ces anciens étudiants à l’économie marocaine. Parmi les intervenants: Jinane Laghrari, présidente de la Commission développement des compétences et emploi de la CGEM et administratrice indépendante de Bank of Africa, ainsi que Julianne Furman, directrice générale de Polydesign Systems.

Leur discussion a porté sur la manière dont l’expertise acquise par les anciens bénéficiaires peut contribuer à l’écosystème entrepreneurial marocain et aux relations commerciales entre les deux pays. Les échanges ont également permis d’identifier des secteurs considérés comme prioritaires pour l’investissement et de mettre en avant l’apport de l’enseignement supérieur américain à la main-d’œuvre marocaine.

Dans son intervention, Christopher Deutsch a également présenté les universités américaines comme des acteurs importants dans plusieurs domaines: recherche, innovation, technologie, entrepreneuriat et développement des compétences professionnelles. Il a exprimé le souhait de voir se développer davantage de collaborations entre les établissements américains et leurs homologues marocains, mais également avec les entreprises et les institutions gouvernementales.

Selon lui, de tels partenariats pourraient contribuer à l’innovation, au développement des compétences et à la création de nouvelles possibilités de coopération économique. Cette approche rejoint l’intervention d’Amine Bensaid, président de l’Université Al Akhawayn, qui a souligné la contribution des anciens étudiants ayant effectué leur parcours universitaire aux États-Unis au renforcement du capital humain marocain.

Le sud du Maroc intégré aux discussions sur l’investissement

La rencontre a également consacré une séquence aux perspectives économiques du sud du Maroc, avec un focus sur la région de Dakhla-Oued Eddahab. Saad Ismail, chef de la Division d’appui aux investisseurs au Centre régional d’investissement de Dakhla-Oued Eddahab et Nisrine Louzzi, directrice du projet de construction du port de Dakhla Atlantique, ont présenté les opportunités d’investissement et de développement identifiées dans la région.

Les discussions ont notamment porté sur les possibilités de partenariats entre les entreprises, les universités et les institutions américaines, d’une part, et les acteurs régionaux, d’autre part. Le tout pour soutenir le développement économique de cette partie du Maroc à travers des collaborations avec des partenaires extérieurs.

Au-delà des échanges sectoriels, la structuration du réseau des anciens bénéficiaires constitue l’un des autres axes de la rencontre. Rose Custis a annoncé, dans son allocution, que le programme devait notamment permettre d’échanger sur les étapes envisagées pour la création d’une association d’anciens étudiants américains à l’échelle du Maroc. L’idée est de donner une continuité aux relations établies entre les participants après leur passage dans les universités américaines.

L’événement marque ainsi une volonté de la Mission des États-Unis au Maroc de faire du réseau des anciens bénéficiaires d’EducationUSA un espace de relations durables entre les deux pays.

Par Camilia Serraj
Le 31/08/2026 à 19h53