Considérées comme l’un des plus anciens socles stratégiques ayant uni les États-Unis d’Amérique au Royaume du Maroc dès les premiers temps de leur indépendance, les relations marocco-américaines trouvent leur fondement officiel dans le traité d’amitié signé en 1786. Deux cent cinquante années durant, ce pacte initial n’a cessé de se consolider, tissant une toile de coopération toujours plus dense, dont la dimension politique s’illustre aujourd’hui par un appui constant à la marocanité du Sahara.
Selon Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 7 juillet, c’est dans cet esprit que le Roi Mohammed VI a fait parvenir un message de félicitations au président Donald Trump, à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine. Dans ce courrier, le Souverain évoque des relations bilatérales «riches et fructueuses» et rappelle que le Royaume du Maroc fut la première nation à reconnaître la souveraineté des États-Unis naissants. Il salue également, avec une gratitude empreinte de solennité, la décision présidentielle de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara, acte qu’il qualifie de «gravé dans la mémoire des Marocains». Il souligne en outre que ces liens, nourris par une amitié profonde et une fidélité réciproque, n’ont atteint pareille plénitude et fécondité que sous les deux mandats de Donald Trump.
Sur le plan sécuritaire et militaire, le Souverain érige la coopération entre Rabat et Washington en «modèle d’excellence», citant notamment le prestigieux exercice «African Lion». Il se réjouit aussi du niveau historique qu’ont atteint les échanges commerciaux entre les deux pays. Cette intimité et cette pérennité exceptionnelles ne doivent rien au hasard: le Royaume du Maroc, en effet, fut le premier à reconnaître les États-Unis après leur accession à l’indépendance, au terme du conflit de six ans qui les opposa à la Grande-Bretagne. Il les soutint durant leur guerre civile, lorsqu’une fraction du pays tenta de faire sécession, demeurant inflexible dans son refus de toute partition. Les autorités marocaines avaient alors répondu favorablement à la demande américaine de poursuivre les séparatistes ayant débarqué à Tanger, tout en leur interdisant de jeter l’ancre dans les ports du Royaume.
Une telle constance, manifestée envers une puissance lointaine, mérite d’être considérée comme un héritage diplomatique d’exception, un patrimoine politique et un modèle de coopération bilatérale sans équivalent, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Il importe, dès lors, de le mettre en valeur, de le raviver et de le diffuser à travers le monde, voire de l’exploiter en faveur des causes justes de la Nation. Ce legs, indéfectible, doit aussi être perçu comme une dette durable que les Américains ont contractée envers le Royaume. Une dette que les générations successives sont appelées à honorer, et qui devrait leur interdire toute position ou décision susceptible de léser les intérêts du Royaume, d’entamer sa souveraineté ou de fragiliser son intégrité territoriale.




