La lecture à l’école, le soutien à la création et la sauvegarde du patrimoine figurent dans le programme gouvernemental 2026-2031 présenté, lundi 19 octobre, devant les deux Chambres du Parlement par Fatima Ezzahra El Mansouri. L’exécutif entend élargir l’accès à la culture, réduire les disparités territoriales et renforcer la contribution du secteur au développement.
La promotion de la lecture occupe une place dans cette feuille de route, avec un engagement à lui consacrer vingt minutes quotidiennes dans l’enseignement primaire. L’objectif est d’installer une pratique régulière dès le plus jeune âge et de renforcer la compréhension de l’écrit, l’expression et les capacités d’analyse des élèves.
Cette orientation prolonge un dispositif annoncé à la rentrée 2022-2023 par Chakib Benmoussa, alors ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports. Celui-ci prévoyait dix minutes de lecture au début de chaque séance d’arabe et de français. L’expérimentation devait concerner environ 800 écoles primaires, avant une généralisation annoncée pour le second semestre.

Contrairement à ce que pourrait laisser entendre une relance du dispositif, la mesure n’avait pas disparu des orientations ministérielles. En février 2024, Chakib Benmoussa mentionnait encore des activités quotidiennes de lecture intégrées au temps scolaire, accompagnées de la mise à disposition de fonds de livres dans les établissements. Le chantier relève désormais du département dirigé par Nabil Benabdallah, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de la Formation professionnelle et de la Qualification.
Un soutien au livre et un accès élargi à la culture
Sur le plan économique et culturel, le gouvernement met l’accent sur la structuration des chaînes de production culturelle et soutient activement le secteur du livre et de l’édition. Le programme préconise aussi de renforcer le réseau des bibliothèques publiques, des centres culturels et des maisons de culture, afin d’assurer une animation continue et d’éliminer les disparités territoriales d’accès au livre.
Identité nationale et langue amazighe
La politique culturelle du gouvernement réaffirme la diversité et la richesse de l’identité marocaine, ainsi que l’officialisation et la promotion de la langue amazighe. Le gouvernement veut accélérer la mise en œuvre de la loi organique n° 26.16 grâce à un fonds spécial de 2 milliards de dirhams. Il prévoit aussi de réactiver la commission ministérielle permanente chargée de suivre l’intégration de l’amazigh dans l’enseignement, les administrations, la justice, les médias et la signalétique publique. Les valeurs nationales seront promues à travers l’école, les médias publics, le cinéma et la création de contenus numériques.
Sauvegarde et valorisation du patrimoine culturel
La préservation de la mémoire collective s’accompagne d’une modernisation de sa gestion. La loi n° 33.22 relative à la protection du patrimoine sera appliquée et accompagnée d’un effort d’inventaire, de documentation et de numérisation des monuments historiques et du patrimoine immatériel. Les grands projets de réhabilitation des sites historiques se poursuivent et intègrent le patrimoine dans les circuits d’attractivité touristique et de développement territorial.
Artistes, équipements culturels et gouvernance
Le programme prévoit d’améliorer les conditions socioéconomiques des artistes, de renforcer leurs compétences et d’accompagner la jeunesse créative. Le document affirme que les équipements culturels seront réhabilités sur l’ensemble du territoire national. Le soutien s’étend aux manifestations artistiques, à la musique, au théâtre, à l’édition et au contenu numérique national.
Les services culturels devraient être numérisés, des bases de données unifiées devront être créées et la fréquentation des équipements sera mesurée régulièrement. Le gouvernement consigne noir sur blanc dans son programme que les financements publics seront conditionnés à des indicateurs de performance précis.



