Le monde de la culture et du patrimoine marocains pleure la disparition de l’une de ses figures emblématiques. Le maâlem Aziz Baqbou s’est éteint lundi 31 août à Rabat, des suites d’une longue maladie, laissant derrière lui un riche héritage artistique et une vie consacrée à la préservation, à la transmission et au rayonnement de l’art gnaoui.
Fils du grand maâlem El Ayachi Baqbou, Aziz Baqbou a grandi au sein d’une véritable dynastie musicale, bercé par les sonorités du guembri, le rythme hypnotique des qraqeb et la profondeur des chants spirituels, dans une tradition gnaoua transmise de génération en génération.
Cette disparition intervient moins d’un an après celle de son frère, le maâlem Mustapha Baqbou, décédé en septembre 2025 à l’âge de 72 ans. Avec leur frère Ahmed Baqbou, désormais seul fils survivant du maâlem El Ayachi Baqbou, ils étaient les dépositaires d’un héritage familial exceptionnel, perpétuant les rites et les traditions de l’art gnaoui tout en contribuant à son ouverture sur le monde.
Virtuose du guembri et figure respectée de la scène gnaouie, Aziz Baqbou s’est également distingué par son ouverture et son goût du partage musical. Au fil de sa carrière, il s’est produit sur de nombreuses scènes, au Maroc comme à l’étranger, participant à des concerts, des rencontres artistiques et de grands festivals qui ont contribué au rayonnement international de la culture gnaouie.
Artiste pionnier, il excellait aussi bien dans les célébrations traditionnelles que dans les expériences de fusion musicale. En partageant la scène avec des artistes issus du jazz, du blues ou des musiques du monde, il a largement contribué à faire inscrire la culture Gnaoua sur la scène artistique globale.
Sa présence scénique et son engagement n’avaient jamais faibli. En juin 2026, lors de la 27ème édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, Aziz Baqbou était sur scène aux côtés d’Ahmed Baqbou pour rendre un hommage vibrant à la mémoire de leur frère Mustapha. Ce moment de communion intense restera l’une de ses ultimes apparitions publiques majeures.
Qualifié de «gardien respecté de la tradition gnaoua» par les organisateurs du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, Aziz Baqbou laisse derrière lui l’empreinte d’un musicien hors pair, profondément attaché à la transmission. Son héritage continue d’inspirer les mélomanes comme la nouvelle génération de maâlems, au Maroc et au-delà.




