Gaming: Mehdi Bensaid détaille l’ambition marocaine pour une industrie à 3 milliards de dirhams

Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. (Y.Mannan/Le360)

Le 26/05/2026 à 20h20

VidéoMehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a présenté les grandes lignes de la stratégie marocaine pour développer l’industrie du gaming. Formation, incubation, investissement, éducation, santé: le secteur est appelé à générer un chiffre d’affaires de 3 milliards de dirhams à l’horizon 2032 et à irriguer plusieurs autres domaines.

Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a présenté un ambitieux programme pour le développement de l’industrie du gaming au Maroc, appelée à réaliser un chiffre d’affaires de 3 milliards de dirhams et à accompagner d’autres secteurs, notamment la santé et l’éducation.

Rencontré ce mardi à la Chambre des conseillers, le ministre a été invité par Le360 à dresser un bilan du récent salon Gaming Maroc à Rabat et à présenter les perspectives de développement de cette industrie.

«C’est une industrie en constante évolution au niveau international, qui devrait peser plus de 300 milliards de dollars d’ici 2032, et le Maroc vise 3 milliards de dirhams à cette date», a-t-il déclaré en préambule.

Mehdi Bensaid a indiqué que son département, avec d’autres partenaires, a élaboré «un ensemble de concepts» pour renforcer cette industrie au Maroc. Le premier axe concerne la formation, le deuxième l’incubation des petites et moyennes entreprises, tandis que le troisième vise à convaincre les investisseurs, y compris les banques marocaines et certaines institutions publiques, de soutenir ce secteur.

Le ministre a également expliqué que l’univers du gaming repose sur le concept de «gamification», ou ludification, qui permet, à partir de solutions inspirées du jeu, de développer des applications utiles à plusieurs autres secteurs.

Selon lui, les jeux éducatifs peuvent notamment accompagner le domaine de l’enseignement. Mehdi Bensaid a ainsi révélé qu’une entreprise marocaine proposera, début 2027, des solutions destinées à l’école marocaine. Il s’agira d’un jeu marocain respectant l’identité marocaine, la langue marocaine et l’histoire du Maroc, sans recourir à des solutions importées d’autres pays.

Cette industrie est également appelée à intéresser le secteur de la santé. Le ministre a expliqué qu’à l’avenir, un médecin pourrait réaliser «une opération chirurgicale à distance depuis Tanger vers la ville de Casablanca», grâce à des solutions reposant notamment sur «une manette et des technologies qui, à l’origine, découlent du concept des jeux électroniques».

Pour Mehdi Bensaid, cette industrie «va nous ouvrir des horizons dans d’autres secteurs». Le gaming ne se limite donc pas au divertissement, mais peut devenir un levier d’innovation, de formation, de simulation et de développement technologique.

Le ministre a rappelé qu’en 2023, lors du premier salon, le Maroc ne comptait que «deux ou trois petites entreprises marocaines» présentes dans ce domaine. Lors de l’édition 2026, a-t-il souligné avec satisfaction, 50 entreprises marocaines ont pris part à cette exposition.

«En 2023, l’entrepreneur venait seul. Aujourd’hui, il vient accompagné de son équipe de 4, 5, et parfois 7 à 10 personnes», a-t-il ajouté. Une évolution qui démontre, selon lui, l’existence d’une réelle dynamique économique et sociale autour de cette industrie en pleine croissance.

Avec la formation, l’incubation et l’ouverture vers des secteurs comme l’éducation et la santé, le Maroc veut faire du gaming bien plus qu’un marché de divertissement. L’ambition affichée est désormais d’en faire une filière industrielle, technologique et créatrice d’emplois, capable de porter une nouvelle génération d’entreprises marocaines.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 26/05/2026 à 20h20