Le Complexe Mohammed V de Casablanca a accueilli Bryan Adams, figure du rock canadien, pour un concert dans le cadre de sa tournée internationale «Bare Bones». Un format acoustique et dépouillé, voix et guitare au premier plan, qui rassemblait plusieurs générations de fans autour d’une même ferveur. Le concert était organisé par NuCoast, en partenariat avec Global Entertainment et NRJ Maroc, avec une jauge fixée à 3.000 places.
Avant même que les premières notes ne retentissent, l’enthousiasme était déjà palpable. Les témoignages recueillis avant le concert donnaient le ton d’une soirée chargée en émotion. Une spectatrice venue avec son mari résumait à elle seule l’intensité du moment. Les trémolos dans la voix, l’émotion et la joie se lisaient sur son visage. «C’est mon chanteur préféré. Ma chanson préférée est ‘Please Forgive Me’. J’aime et j’adore sa voix.» Pour elle, Bryan Adams lui rappelle sa jeunesse et les bons moments de rêve et d’espoir.
Ce sentiment de nostalgie, un autre spectateur le partageait pleinement: «Nous avons grandi avec la musique de Bryan Adams dans les années 90.» Voir Bryan Adams en personne au Maroc représentait pour lui une première. Dans le public, des spectateurs s’étaient déplacés de Rabat, n’ayant pas pu assister au concert au Théâtre Royal de la capitale, dont la jauge réduite n’avait pas permis à tous les fans de trouver une place.
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La jeune génération était également au rendez-vous. Le neveu de ce même spectateur incarne ce pont entre les époques que Bryan Adams a su construire au fil des années. «J’ai connu Bryan Adams à travers le film ‘Spirit’. C’est à travers lui que j’ai découvert la musique occidentale.»
Sur scène, Bryan Adams a ouvert la soirée avec Run To You, avant d’enchaîner sur un set puisant dans quatre décennies de carrière. Please Forgive Me, que beaucoup de spectateurs attendaient, a permis un moment de communion entre l’artiste et son public. Il a également interprété Me voila, la bande originale du film Spirit.
Parmi les moments qui ont marqué la soirée, Bryan Adams a pris le temps de parler de son père, militaire qui avait servi au sein des forces de maintien de la paix. Il a confié qu’à son retour, son père n’était plus le même homme. Un témoignage personnel et sobre qui a suspendu la salle dans un silence attentif, rappelant que derrière les chansons se trouvent des histoires et des blessures que la musique aide parfois à traverser.
La captation était pourtant interdite, mais nombreux spectateurs ont sorti leur téléphone sans que la sécurité n’intervienne. Une scène désormais banale dans les concerts, qui témoigne à sa façon de l’attachement du public à ce qu’il vivait.
Si la ferveur du public était sincère, les gradins du Complexe Mohammed V n’affichaient pas complet ce soir-là. Beaucoup s’attendaient à une salle pleine pour accueillir un artiste de cette notoriété. La réalité fut plus nuancée.




