Ce n’était pas prévu. Casablanca n’était pas au programme initial de la tournée marocaine de Bryan Adams. Pourtant, le 7 mai 2026, la salle couverte du Complexe Mohammed VI accueillera l’une des soirées les plus attendues de l’année. Une date ajoutée à la dernière minute, sous la pression du public casablancais.
Avant de fouler le sol marocain, Bryan Adams fera étape en Tunisie, où il se produira les 2 et 3 mai 2026 à l’amphithéâtre de Dougga, l’un des sites antiques les mieux préservés du monde. C’est donc depuis Tunis qu’il rejoindra le Maroc pour entamer la deuxième partie de cette escapade maghrébine.
Le 5 mai, il montera sur la scène du Théâtre Mohammed V de Rabat. Le lendemain, 6 mai, direction le nord du pays avec une date au Palais des Arts et de la Culture de Tanger. Trois jours au Maroc, puis retour sur la route pour terminer la tournée qui s’achèvera le 3 juillet en Espagne.
Casablanca a réclamé sa date, elle l’a eue
Tout a commencé par le constat qu’il n’existe pas de vraies salles de théâtre à Casablanca. C’est précisément cette réalité qui avait poussé les organisateurs à écarter la capitale économique du programme initial, privilégiant Rabat et Tanger. Mais les Casablancais ont fait entendre leur voix. La pression a été forte, les messages nombreux.
Face à cette demande, les organisateurs ont cherché une solution. Ils l’ont trouvée du côté du Complexe Mohammed V, dont la salle couverte peut accueillir jusqu’à 14.000 personnes. L’enjeu était de la transformer en théâtre intimiste, à l’image de ce qu’avait réalisé Gad El Maleh pour son dernier show au même endroit.
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Son équipe s’est rendue sur place il y a un mois pour inspecter les lieux. Les plans ont été présentés, le concept validé. 3.000 places seulement seront aménagées, avec des fauteuils, des entrées repensées et une scène à la hauteur des exigences très précises de l’équipe de Bryan Adams.
Une co-production née de l’amour du Maroc
Derrière cette date casablancaise, on trouve Hakim Chagraoui, PDG de Global Entertainment et de NRJ Maroc, partenaire sur l’événement. Ce n’est pas un deal classique. Il n’y a pas de cachet, pas de transaction froide entre un manager et un diffuseur. Chagraoui est co-producteur du concert de Casablanca spécifiquement, aux côtés de NuCoast, la boite de production de Bryan Adams et de son équipe. Il ne touche pas de cachet. Il s’est impliqué dans cette date par amour du Maroc selon ses managers.
«La configuration de 3.000 places seulement veut dire que chaque spectateur vivra un moment rare, presque secret, avec l’un des plus grands artistes de notre temps. C’est un privilège pour nous et un cadeau pour le public marocain.»
Sa légitimité à porter ce projet, il la tient aussi d’un track-record à l’international. Global Entertainment est notamment à l’origine du Casablanca Music Week, organisé avec des partenaires américains, ce qui a valu à la structure d’être référencée à l’échelle internationale et d’être approchée directement par l’équipe de Bryan Adams.

Un artiste qui s’autoproduit, un format rarissime
Ce qui rend cet événement encore plus singulier, c’est le profil de l’artiste lui-même. Bryan Adams ne s’est pas contenté de négocier un cachet via ses managers. Il co-produit sa propre tournée, un cas inédit au Maroc selon les organisateurs. Il aurait pu se contenter de se produire à Mawazine ou dans un autre grand festival. Il a choisi un format intimiste, acoustique, loin des grandes scènes en plein air.
Le Bare Bones Tour existe depuis 2010. Sur scène, pas de groupe électrique, pas de faste. Juste Bryan Adams, sa guitare acoustique, son harmonica, sa voix et le pianiste Gary Breit à ses côtés. Quatre décennies de carrière condensées en 90 minutes avec au programme des titres comme Summer of ’69, (Everything I Do) I Do It for You ou Heaven, réarrangés pour ce format dépouillé.
Plus de 65 millions d’albums vendus, une carrière jalonnée de Grammy Awards et une nomination aux Oscars, Bryan Adams n’a rien à prouver. Son dernier album, Roll With the Punches, sorti le 29 août 2025 sur son propre label indépendant Bad Records, confirme une liberté artistique totale à 66 ans.
La billetterie a été déployée sur l’ensemble des plateformes numériques. Les tarifs s’échelonnent de 590 DH (placement standard) à 1.590 DH pour la première rangée, une cinquantaine de places en tout. Au 23 avril, les ventes atteignent déjà plus de 1.000 billets écoulés, soit environ 30% de la capacité, avec une projection autour de 70% de remplissage à l’arrivée.
À titre de comparaison, la date de Rabat, limitée à 1.000 places au Théâtre Mohammed V, frôle le sold-out. «Si on avait que 1.000 places à Casablanca, on l’aurait déjà fini», reconnaît Hakim Chagraoui. Le public visé est une niche de quarantenaires et plus, fans de longue date et qui ont grandi avec l’œuvre de la star.




