Tahar Ben Jelloun

Ma semaine

"Tahar Ben Jelloun est sans conteste l'écrivain marocain le plus renommé au monde. Bien avant ""La nuit sacrée"", suite de ""L'enfant de sable""| qui lui a valu le prix Goncourt en 1987| il avait su séduire les plus exigeants des lecteurs et critiques avec des romans des plus saisissants et indéfinissables les uns que les autres. ""Harrouda""| ""Moha le fou| Moha le sage"". Des romans/poèmes| tant Ben Jelloun ne peut être cantonné à un genre| lui qui interpelle l'oralité propre à la culture originelle pour détourner la langue d'écriture et la rendre plus belle que jamais| plus que jamais parlante| et porteuse."

Une maison pleine
«Le soleil se lève deux fois» est le premier roman de Soundouss Chraïbi. Soundouss est de ma famille. C’est la fille de l’un de mes neveux. Je dois vous dire qu’à aucun moment je n’ai ni lu ni eu vent de ce roman. Je ne suis intervenu nulle part pour qu’il soit publié. C’est en toute transparence et en toute sincérité que je recommande aujourd’hui la lecture d’un premier roman courageux, écrit avec rigueur et exigence.
Crime contre l’humanité
Crime contre l’humanité. C’est ainsi que des observateurs, des journalistes et des familles de victimes caractérisent ce qu’a fait le régime abject de Téhéran. Et il est toujours en place. Par le sang versé, par la peur distillée, par la haine du peuple et par l’arrogance d’assassins sans le moindre scrupule.
Une victoire molle
Parmi les dégâts collatéraux de la CAN, il y eut quelques incidents où le racisme a pointé son nez. Les réseaux sociaux se sont chargés de diffuser des images et des commentaires peu amènes sur le Maroc et l’équipe des Lions de l’Atlas. Des expressions choisies afin de blesser. Des mots sentant mauvais. De la puanteur et de la bêtise.
Un dimanche pas comme les autres
Nous sommes atterrés. Nous sommes au-delà de la déception normale. On sent que le match ne s’est pas déroulé normalement, surtout vers la fin. La comédie dramatique du retrait puis le retour sur la pelouse, ne passe pas dans notre façon de considérer le football et nous laisse dans l’embarras et la colère.
Choses vues
Et voici le clou de la chronique: la mère, assise juste en face de la jeune fille absorbée par son écran, prend une fourchette, la remplit de riz fumant et la tend à la fille qui, sans lever la tête, ouvre sa bouche et avale le contenu. Cette opération aura lieu une dizaine de fois. La mère donne à manger à la fille, comme si elle était un bébé ou un animal de compagnie.
Ferveur
Nous vivons une époque formidable. Le souverain a traité la question du football avec la même énergie et logique que les autres secteurs réformés dans le pays. Il n’y a pas de mystère. Pour avoir une équipe de niveau international, une équipe qui gagne, il fallait l’inventer, la trouver, la former et la structurer.
Gratuité
La gratuité est ce qui se fait sans retour, sans intérêt, sans calcul. Un geste aussi simple et beau que le vol d’une libellule un matin de printemps. C’est une intervention non préméditée pour venir en aide à une personne en difficulté sans rien attendre en échange. Pas même un merci.
Elle
La chirurgie peut réparer un corps abîmé suite à un accident, mais en aucun cas elle ne doit intervenir pour soi-disant «améliorer» votre anatomie. La beauté la plus importante est celle de l’âme, celle des valeurs, celle de l’intime, celle de l’intelligence.
Le juridique
La pagaille régnant sur certains réseaux sociaux est telle que le juridique a été obligé d’intervenir et de mettre un peu d’ordre dans cette forêt hirsute. Nous sommes loin d’avoir assaini la situation. Entre les «influenceurs et influenceuses» installés à Dubaï, des apprentis-sorciers qui se croient malins et des voyous sans scrupule, la scène virtuelle est des plus toxiques.
L’air du temps, c’est la guerre
La question est souvent posée: êtes-vous prêts à faire la guerre? Le monde va mal, le monde se prépare au pire et les citoyens ne savent pas quoi faire face à cette angoisse que les médias dans leur ensemble, de droite comme de gauche, distillent quotidiennement.