L’indice synthétique de fécondité (ISF) a atteint 1,97 enfant par femme en 2024, contre 2,22 en 2014 et 2,5 en 2004. Le Maroc se situe désormais sous le seuil de remplacement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Cette moyenne nationale recouvre des situations régionales très contrastées, apprend-on des derniers indicateurs sociaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
L’écart entre l’ISF le plus bas et le plus élevé atteint 0,62 point à l’échelle régionale, entre l’Oriental (1,73) et Drâa-Tafilalet (2,35). Quatre régions dépassent le seuil de remplacement de 2,1 enfants par femme en 2024.
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Dans le détail, Drâa-Tafilalet occupe la première place, avec 2,35 enfants par femme, devant Dakhla-Oued Ed-Dahab (2,25), Laâyoune-Sakia El Hamra (2,17) et Marrakech-Safi (2,13). Les huit autres régions se situent sous ce seuil. Fès-Meknès (2,02) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (2,01) s’en approchent, juste au-dessus de 2. Béni Mellal-Khénifra (1,95), Rabat-Salé-Kénitra (1,91), Casablanca-Settat (1,90), Guelmim-Oued Noun (1,89) et Souss-Massa (1,86) suivent, tandis que l’Oriental ferme la marche avec le taux le plus bas du Royaume, à 1,73.
Indice synthétique de fécondité par région (ISF, en enfants par femme)
| Région | ISF urbain | ISF rural |
|---|---|---|
| Tanger-Tétouan-Al Hoceima | 1,84 | 2,41 |
| Oriental | 1,61 | 1,96 |
| Fès-Meknès | 1,80 | 2,46 |
| Rabat-Salé-Kénitra | 1,70 | 2,49 |
| Beni Mellal-Khenifra | 1,73 | 2,20 |
| Casablanca-Settat | 1,74 | 2,38 |
| Marrakech-Safi | 1,78 | 2,48 |
| Drâa-Tafilalet | 2,07 | 2,52 |
| Souss-Massa | 1,73 | 2,10 |
| Guelmim-Oued Noun | 1,90 | 1,85 |
| Laâyoune-Sakia El Hamra | 2,17 | 2,19 |
| Dakhla-Oued Ed-Dahab | 2,26 | 1,90 |
| Total | 1,77 | 2,37 |
Source: HCP
Dans dix régions sur douze, l’ISF rural dépasse l’ISF urbain, reproduisant à l’échelle locale l’écart observé au niveau national. L’écart le plus large se situe à Rabat-Salé-Kénitra, où l’ISF rural (2,49) dépasse de 0,79 point l’ISF urbain (1,70), devant Marrakech-Safi (2,48 contre 1,78, soit 0,70 point) et Fès-Meknès (2,46 contre 1,80, soit 0,66 point). À Laâyoune-Sakia El Hamra, l’écart est quasiment nul, avec un ISF rural (2,19) à peine supérieur à l’ISF urbain (2,17). Deux régions inversent ce schéma.
À Dakhla-Oued Ed-Dahab, l’ISF urbain (2,26) dépasse l’ISF rural (1,90), soit un écart de 0,36 point en faveur de la ville. À Guelmim-Oued Noun, le même renversement se vérifie de façon plus ténue, avec un ISF urbain de 1,90 contre 1,85 en zone rurale.
La descendance finale des femmes, qui totalise, pour des générations ayant achevé leur vie féconde, le nombre d’enfants réellement mis au monde, confirme ces écarts régionaux, à un niveau plus élevé puisqu’elle reflète les comportements de générations plus anciennes. Elle atteint 2,8 enfants par femme au niveau national, 2,5 en milieu urbain et 3,4 en milieu rural.
Drâa-Tafilalet affiche de nouveau la valeur la plus élevée, avec 3,5 enfants par femme, devant Marrakech-Safi (3,1) et Dakhla-Oued Ed-Dahab (3,0). Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Béni Mellal-Khénifra et Laâyoune-Sakia El Hamra suivent, à 2,9 chacune. Fès-Meknès, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun se situent à 2,8. Casablanca-Settat enregistre la valeur la plus faible du Royaume, à 2,5, juste devant l’Oriental et Rabat-Salé-Kénitra, à 2,6 chacune.
Descendance finale des femmes (enfants par femme)
| Région | Urbain | Rural |
|---|---|---|
| Tanger-Tétouan-Al Hoceima | 2,70 | 3,60 |
| Oriental | 2,50 | 2,90 |
| Fès-Meknès | 2,60 | 3,20 |
| Rabat-Salé-Kénitra | 2,40 | 3,40 |
| Beni Mellal-Khenifra | 2,60 | 3,30 |
| Casablanca-Settat | 2,30 | 3,30 |
| Marrakech-Safi | 2,60 | 3,70 |
| Drâa-Tafilalet | 3,00 | 3,80 |
| Souss-Massa | 2,70 | 2,90 |
| Guelmim-Oued Noun | 2,80 | 3,00 |
| Laâyoune-Sakia El Hamra | 2,90 | 2,50 |
| Dakhla-Oued Ed-Dahab | 3,00 | 1,80 |
| Total | 2,50 | 3,40 |
Source: HCP
Au niveau national, l’ISF a presque été divisé par deux en trente ans, passant de 3,3 enfants par femme en 1994 à 1,97 en 2024, avec des paliers intermédiaires à 2,5 en 2004 et 2,22 en 2014. Le recul touche toutes les tranches d’âge, de façon inégale. Chez les femmes de 30 à 34 ans, la tranche la plus féconde du pays, le taux passe de 152,1‰ à 100,5‰ entre 1994 et 2024. Chez les 25-29 ans, il recule de 136,8‰ à 106,2‰, et chez les 20-24 ans, de 114,9‰ à 73,1‰. Le repli le plus marqué touche les femmes de 45 à 49 ans, dont le taux tombe de 32,0‰ à 3,7‰.
Taux de fécondité par âge (pour mille) et ISF au niveau national
| Âge | 1994 | 2004 | 2014 | 2024 |
|---|---|---|---|---|
| 15-19 ans | 28,6 | 19,1 | 22,5 | 11,29 |
| 20-24 ans | 114,9 | 99,0 | 92,8 | 73,1 |
| 25-29 ans | 136,8 | 126,6 | 112,3 | 106,2 |
| 30-34 ans | 152,1 | 123,2 | 102,2 | 100,5 |
| 35-39 ans | 120,2 | 81,7 | 72,2 | 71,1 |
| 40-44 ans | 71,8 | 33,7 | 33,0 | 28,9 |
| 45-49 ans | 32,0 | 10,3 | 9,80 | 3,70 |
| ISF (enfants/femme) | 3,30 | 2,50 | 2,22 | 1,97 |
Source: HCP
En 2024, l’écart entre milieux urbain et rural se vérifie à tous les âges de la vie féconde. Il est le plus large chez les 20-24 ans, avec un taux rural (105,0‰) près de deux fois supérieur au taux urbain (56,7‰). Il se resserre progressivement avec l’âge, jusqu’à devenir minime après 40 ans, avec 27,2‰ en zone urbaine contre 32,0‰ en zone rurale chez les 40-44 ans.
Le taux de fécondité des adolescentes de 15 à 19 ans est passé de 28,6‰ en 1994 à 11,29‰ en 2024, après un rebond intermédiaire à 22,5‰ en 2014, qui avait suivi un premier repli à 19,1‰ en 2004. En milieu urbain, il recule de 20,7‰ à 7,72‰ sur la période. En milieu rural, où il demeure plus du double du niveau urbain, il passe de 36,4‰ à 16,79‰.
Taux de fécondité des adolescentes 15-19 ans (pour mille)
| Milieu | 1994 | 2004 | 2014 | 2024 |
|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 28,6 | 19,1 | 22,5 | 11,29 |
| Urbain | 20,7 | 13,5 | 17,3 | 7,72 |
| Rural | 36,4 | 25,2 | 29,6 | 16,79 |
Source: HCP
L’âge moyen à la première naissance passe de 21,8 ans en 1988 à 24,9 ans en 2010. Le nombre moyen d’enfants par femme, toutes parités confondues, s’effondre dans le même temps, de 4,41 à 2,17. La baisse est particulièrement forte sur les rangs élevés. La composante de rang 8 et plus passe de 0,93 à 0,05 enfant par femme, celle de rang 6 de 0,41 à 0,07, celle de rang 5 de 0,48 à 0,14.
Le taux de prévalence contraceptive, toutes formes confondues, atteint 72,8% en 2025 au niveau national, contre 19,4% en 1979. L’écart entre milieux urbain et rural, considérable au départ (36,0% contre 9,7% en 1979), s’est presque résorbé, avec 73,5% en zone urbaine et 71,6% en zone rurale en 2025.
Taux de prévalence contraceptive toutes formes (%)
| Milieu | 1979 | 1983 | 1987 | 1992 | 1995 | 1997 | 2004 | 2011 | 2018 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 19,4 | 25,5 | 35,9 | 41,5 | 50,3 | 58,4 | 63,0 | 67,4 | 70,8 | 72,8 |
| Urbain | 36,0 | 42,5 | 51,9 | 54,5 | 64,2 | 65,8 | 65,5 | 68,9 | 71,1 | 73,5 |
| Rural | 9,70 | 15,2 | 24,6 | 31,6 | 39,2 | 51,7 | 59,7 | 65,5 | 70,3 | 71,6 |
Source: HCP
Le taux de prévalence contraceptive des méthodes modernes progresse plus modérément, de 54,8% en 2004 à 58,0% en 2018. La dynamique s’inverse même entre les deux milieux sur cet indicateur. En zone rurale, il passe de 53,2% à 61,1%, tandis qu’il recule légèrement en ville, de 56,0% à 55,9%. Le rural dépasse désormais l’urbain sur le recours aux méthodes modernes.




