Une enseignante en prison pour avoir parlé d’homosexualité

Couloir d'une prison.. DR

Revue de presseÀ l’issue d’un procès marathon de trois ans, une enseignante travaillant dans une école de la Mission française à Kénitra a été condamnée à un an et demi de prison ferme pour «incitation de mineurs à l’homosexualité» et «outrage à l’islam». Plusieurs parents d’élèves et anciens élèves ont pris la défense de l’enseignante, dénonçant ce qu’ils qualifient de «règlement de comptes». Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/04/2026 à 18h51

Après trois ans de procédure judiciaire, le tribunal de première instance de Kénitra a rendu son verdict dans l’affaire d’une enseignante, une ressortissante française, accusée d’avoir «incité des mineurs à l’homosexualité» et «porté atteinte à l’islam». La semaine dernière, la Cour a prononcé une peine d’un an et demi de prison ferme, assortie d’une amende de 100.000 dirhams et d’une interdiction de contact avec les deux élèves concernés pendant cinq ans après sa libération, écrit le quotidien Assabah dans son édition de ce lundi 27 avril.

L’affaire avait débuté lorsqu’un couple avait porté plainte contre cette enseignante d’une école de la Mission française, l’accusant d’avoir «tenu des propos offensants envers l’islam» et «abordé des questions d’homosexualité» avec leurs enfants, âgés de moins de dix-huit ans. Les investigations de la police judiciaire avaient permis de recueillir les témoignages des mineurs, bien que l’enseignante ait nié les faits qui lui étaient reprochés.

Le jugement a également ordonné un suivi psychologique pendant sa détention et accordé un dédommagement symbolique d’un dirham à chacun des parents plaignants.

Plusieurs parents d’élèves et anciens élèves ont pris la défense de l’enseignante, organisant même un rassemblement devant l’établissement pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «règlement de comptes». Certains ont souligné «son professionnalisme et son engagement» tout au long de sa carrière. La Mission française avait suspendu l’enseignante dès 2023, alors qu’elle devait prendre sa retraite cette année-là, après plusieurs décennies d’enseignement. Le tribunal, après dix-neuf audiences et l’intervention d’un traducteur, a finalement retenu les charges d’«atteinte aux valeurs religieuses» et d’«atteinte à la pudeur publique».

Par La Rédaction
Le 26/04/2026 à 18h51