Le Salon du Cheval d’El Jadida revient pour une 17ème édition placée sous le thème «Le cheval au service de l’humain». Entre préservation du patrimoine équestre, montée en gamme des compétitions sportives et transmission des traditions aux jeunes générations, l’événement entend consolider son positionnement au Maroc et à l’international. Dans cet entretien accordé au site Le360, El Habib Marzak, commissaire du Salon, revient sur la portée de cette édition, marquée notamment par le passage du Grand Prix de saut d’obstacles au niveau CSI5*-W, et détaille les ambitions portées par les organisateurs pour les prochaines années.
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Le360: le thème de cette 17ème édition est «Le cheval au service de l’humain». Quelle est la signification de ce choix?
El Habib Marzak: ce thème traduit la place particulière qu’occupe le cheval dans notre histoire, notre culture et notre société. Depuis des siècles, il accompagne l’homme dans ses activités, ses traditions et ses pratiques sportives. Au Maroc, il est également un symbole de noblesse, de courage, de fidélité et de transmission. À travers cette 17ème édition, nous souhaitons mettre en lumière les multiples dimensions de cette relation, qu’elles soient patrimoniales, sportives, éducatives ou culturelles. Le cheval n’est pas seulement un animal que l’on admire: il est un véritable partenaire de l’humain, porteur de valeurs qui traversent les générations.
La Tbourida occupe une place centrale dans l’identité équestre marocaine. Comment le Salon contribue-t-il à préserver ce patrimoine vivant?
La Tbourida est l’une des expressions les plus emblématiques de notre patrimoine équestre. Elle incarne un héritage collectif fondé sur la maîtrise équestre, la discipline, la solidarité et la transmission des savoir-faire. Son inscription en 2021 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO a consacré sa valeur universelle. Au Salon, le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de Tbourida constitue un temps fort qui permet au public de découvrir toute la richesse de cet art traditionnel. Mais préserver la Tbourida, c’est aussi encourager sa pratique, valoriser ceux qui la font vivre et transmettre cet héritage aux jeunes générations. C’est ainsi que le cheval continue de rapprocher les hommes, les territoires et les générations.
Cette année, le Grand Prix de saut d’obstacles passe au niveau CSI5*-W. Quelle portée donnez-vous à cette évolution?
Le passage au niveau CSI5*-W constitue une étape importante pour le Salon et pour le sport équestre au Maroc. Il permet d’accueillir une compétition de très haut niveau, comptant pour les qualifications de la Coupe du Monde, et renforce la visibilité internationale d’El Jadida. Cette évolution illustre également le rôle du cheval dans le dépassement de soi, la maîtrise, la rigueur et la recherche de l’excellence. Le sport équestre repose sur une relation étroite entre le cavalier et sa monture, faite de confiance, de respect et de coordination. En accueillant les meilleurs cavaliers, le Salon offre au public un spectacle sportif de premier plan tout en contribuant au rayonnement du Maroc sur la scène équestre internationale.
Le cheval joue également un rôle dans l’éducation et la transmission des valeurs. Comment cette dimension se traduit-elle dans la programmation du Salon?
La transmission est au cœur de notre démarche. Le cheval est un formidable vecteur d’apprentissage, car il nous enseigne le respect, la patience, la responsabilité et la maîtrise de soi. Nous souhaitons permettre aux enfants et aux jeunes de découvrir cet univers à travers des activités adaptées, des rencontres et des espaces pédagogiques. Cette édition propose notamment l’espace enfants «Faris en voyage à travers le Maroc», qui invite le jeune public à découvrir notre Royaume à travers l’univers du cheval. Les spectacles équestres et les présentations des différentes disciplines contribuent également à éveiller la curiosité et à faire connaître la diversité de notre patrimoine. Notre ambition est de faire du Salon un lieu où l’on vient admirer le cheval, mais aussi apprendre à mieux le connaître et à comprendre la relation qui nous unit à lui.
Au-delà du patrimoine et du sport, comment le Salon met-il en valeur les dimensions culturelles et humaines de la relation entre l’homme et le cheval?
Le cheval est au croisement de nombreuses expressions culturelles et de savoir-faire qui témoignent de la richesse de notre patrimoine. Il inspire les arts, accompagne les traditions et occupe une place importante dans l’imaginaire collectif marocain. À travers les spectacles équestres, les présentations des races, l’artisanat et les animations destinées au public, le Salon donne à voir cette diversité. La participation de troupes marocaines et internationales permet également de créer un dialogue entre les cultures. Nous voulons montrer que le cheval est un patrimoine vivant qui se partage, se renouvelle et continue de rapprocher les personnes. Cette dimension humaine est essentielle: elle donne tout son sens à notre thème, «Le cheval au service de l’humain».
Quelle ambition portez-vous pour les prochaines éditions du Salon du Cheval d’El Jadida?
Notre ambition est de poursuivre le développement du Salon tout en préservant ce qui fait son identité: la rencontre entre le patrimoine, le sport, la culture et le grand public. Nous souhaitons renforcer sa dimension internationale, développer les initiatives destinées aux jeunes et continuer à promouvoir les traditions équestres marocaines auprès des nouvelles générations. Nous voulons également faire du Salon un espace de dialogue, de découverte et de partage, où les professionnels, les passionnés et les familles se retrouvent autour d’une même passion. Le cheval nous rappelle l’importance du respect, de la confiance et de la transmission. C’est cette relation profonde entre l’homme et le cheval que nous souhaitons célébrer et faire vivre durablement à travers les prochaines éditions.




