Les divergences internes au sein de l’USFP connaissent une nouvelle escalade. Assaid Bellout, secrétaire provincial du parti à Salé et membre du Conseil national, a annoncé son intention de recourir à la justice après avoir été interdit d’accès aux travaux de cette instance. Il accuse le premier secrétaire du parti d’exclure les voix d’opposition et de gérer les organes de la formation d’une manière qu’il qualifie d’unilatérale.
«Il indique avoir mandaté un huissier de justice pour faire constater le refus de le laisser accéder à la réunion, réaffirmant son attachement à son statut de membre du Conseil national», rapporte Al Akhbar dans son édition de ce mardi 13 octobre. Selon lui, toute mesure touchant à son statut de membre de cette instance doit être prise conformément aux procédures organisationnelles et disciplinaires en vigueur, et non par une décision individuelle du premier secrétaire.
Le secrétaire provincial adresse des critiques acerbes à la manière dont l’USFP est gérée. Il qualifie le parti, sous sa direction actuelle, de «stalinien» et de «dictatorial», en raison de ce qu’il appelle une concentration du pouvoir de décision entre les mains de Lachgar. Il y voit une réduction de l’espace accordé à la différence et à l’expression de positions opposées au sein de la formation.
Il affirme que la direction du parti fait appel à des personnes qui n’ont pas le statut de membre du Conseil national, tout en interdisant à des membres critiques de participer aux travaux de cette instance. Ces pratiques viseraient, selon lui, à donner l’apparence d’une unanimité interne autour de la direction.
Dans ce même contexte, le responsable provincial indique que des membres ont déposé des plaintes parce qu’ils n’avaient pas reçu de convocation pour assister à cette session ou qu’ils n’avaient pas pu accéder à la réunion alors qu’ils se trouvaient sur place.
Assaid Bellout ne limite pas son différend avec Lachgar à l’incident du refus d’accès. Il le relie à la manière dont les instances du parti sont gérées et à la répartition des responsabilités. «Il estime que la concentration de prérogatives étendues entre les mains du premier secrétaire affaiblit l’équilibre interne et restreint l’indépendance des organes du parti», rapporte Al Akhbar.
Il critique également des dispositions susceptibles de porter atteinte à la qualité de membre des militants en raison de leurs positions ou de leurs publications sur les réseaux sociaux. Il appelle, en revanche, à un débat institutionnel garantissant la liberté d’expression et le droit à la différence.




