Le volume actuel de réutilisation des eaux usées traitées atteint 52,6 millions de m³ par an. Sur ce volume, 20,5 millions de m³ sont absorbés par les terrains de golf, premier poste de consommation à l’échelle nationale.
Pas moins de 30 établissements répartis sur l’ensemble du territoire en bénéficient, notamment à Tanger, Asilah, M’diq, Fnideq, Agadir Ida Ou Tanane, Inezgane, Aït Melloul, Marrakech, Al Haouz, Benslimane, Nouaceur, Rabat et Salé, selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau.
Le solde, soit 32,1 millions de m³ par an, est orienté vers deux autres usages complémentaires. Il s’agit tout d’abord des espaces verts avec 17 sites irrigués dans plusieurs régions du Royaume. Ces superficies se concentrent principalement dans les localités de M’diq, Fnideq, Tétouan, Tanger, Asilah, Agadir, Ida Ou Tanane, Inezgane, Aït Melloul, Marrakech, Ouarzazate, Rabat, Salé, Skhirat et Témara.
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Quant au troisième volet, il concerne les usages industriels, qui mobilisent le reste du volume disponible au profit de 6 zones à Khouribga, Youssoufia, Rhamna, Safi et Béni Mellal.
Le Maroc entend doubler cet effort d’ici la fin 2027. L’objectif est de porter le volume de réutilisation à 100 millions de m³ par an, consacrés à l’irrigation des espaces verts et des équipements sportifs.
L’enveloppe budgétaire mobilisée pour ce chantier s’élève à 3.019 millions de dirhams. Les régions ciblées par cette accélération comprennent Settat, Dakhla, Fès, Ifrane, Meknès, Sefrou, Essaouira, Nador, Oujda, Berkane, Kénitra, Asilah et Ouarzazate.
Pour Amine Benjelloun, hydrologue, le recours aux eaux usées traitées relève du bon sens. «Nous ne pouvons plus gérer l’eau comme si les ressources conventionnelles étaient infinies. C’est une eau que nous avons déjà utilisée une première fois. Autant la faire travailler deux fois», explique-t-il.
La station d'épuration des eaux usées de Médiouna, vue de l'extérieur. (A.Gadrouz/Le360)
La saison pluviale 2025-2026 a certes apporté un répit bienvenu, avec un taux de remplissage des barrages de 76%. «Mais une bonne année ne suffit pas à effacer plusieurs années de déficit hydrique accumulé, ni à garantir que la suivante sera aussi clémente. L’eau reste une ressource rare et son usage doit être rationné en toutes circonstances, bonnes années comprises», poursuit-il.
L’hydrologue insiste sur la nécessité de hiérarchiser les usages. «Irriguer un terrain de golf ou un espace vert avec de l’eau potable, c’est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Les eaux usées traitées sont parfaitement adaptées à ces besoins. Réserver l’eau de qualité à l’eau potable et à l’agriculture, c’est une question de priorités», conclut-il.














