Selon les informations qui circulent, les fruits et légumes marocains présents sur les marchés algériens, notamment dans le sud du pays et à Tindouf, y seraient acheminés par des circuits commerciaux indirects traversant le territoire mauritanien. Les camions marocains entrent légalement en Mauritanie par le poste-frontière d’El Guerguerat. Les marchandises, pommes de terre, oignons et tomates, sont ensuite déchargées sur les marchés mauritaniens, puis rechargées à bord de petits camions à destination de la frontière algérienne, en particulier dans la région de Tindouf.
«Cette pratique soulève des questions sur l’exploitation, par certains commerçants, de l’abondance et de la diversité des produits agricoles marocains pour couvrir une partie des besoins du marché algérien, malgré le maintien de la fermeture des frontières et la rupture des relations politiques avec le Maroc», souligne Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 9 novembre.
Il devient difficile de trouver des pommes de terre dans plusieurs régions algériennes. Les réseaux sociaux ont relayé des vidéos montrant des files d’attente devant les points de vente et des citoyens affluant vers les champs pour y récolter des pommes de terre. Le prix du kilogramme oscille entre 140 et 180 dinars sur les marchés algériens, malgré la décision du ministre algérien du Commerce de le plafonner à 90 dinars.
Le compte «Observator» a publié plusieurs messages évoquant les retombées de la crise et mettant en lumière les files d’attente devant les points de vente ainsi que la rareté des pommes de terre. Il a également établi une corrélation entre la crise d’approvisionnement et la suspension des livraisons de produits agricoles marocains, à la suite de la décision du Royaume de suspendre les autorisations d’exportation de certains produits essentiels, dont les pommes de terre, les oignons et les tomates.
Le même compte estime que la récurrence des pénuries révèle de profonds dysfonctionnements dans la gouvernance agricole, l’insuffisance des installations de stockage et de réfrigération ainsi que les restrictions administratives imposées aux agriculteurs.
Cette crise remet sur le devant de la scène les mesures répressives adoptées par les autorités algériennes pour lutter contre la spéculation et le monopole. «Parmi celles-ci figure la menace, brandie en octobre 2021 par le président Abdelmadjid Tebboune, de recourir à la peine de mort dans certaines affaires liées à la spéculation», écrit Al Ahdath Al Maghribia. S’y ajoutent des textes législatifs prévoyant de lourdes peines de prison, pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité dans des affaires de monopole organisé.




