Le poste-frontière de Sebta, où vont et viennent quotidiennement des voyageurs entre le Maroc et l’Espagne, fait encore l’objet de polémiques. Des Marocains établis dans le préside, des MRE ou des touristes, «tous dénoncent, avec une rare constance, d’interminables délais d’attente imposés par des opérations d’inspection jugées excessivement méticuleuses. Chaque véhicule, sans exception, y est soumis à un examen approfondi, au risque de transformer le passage en une épreuve de patience», relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 29 juin.
Le quotidien rappelle que «rares sont les journées où ce point de contrôle ne révèle pas une nouvelle tentative d’introduction de stupéfiants», préparée au Maroc ou en Espagne, et se pose cette question: «comment concilier l’impératif de vigilance avec le droit légitime des voyageurs à franchir la frontière dans un délai raisonnable?». En effet, selon Al Ahdath Al Maghribia, «la difficulté est d’autant plus grande que les inspections se déroulent en plein sur les voies de circulation, allongeant démesurément l’attente et transformant le bitume en un véritable atelier à ciel ouvert».
La majorité des automobiles, indique le quotidien, «sont en effet soumises à des vérifications manuelles d’une rigueur poussée, allant parfois jusqu’au démontage de certains éléments sur place dans un ballet où les tournevis semble tenir le premier rôle», a constaté un journaliste dépêché dans ces lieux par Al Ahdath Al Maghribia. Une méthode qu’il qualifie de «primitive», et qui révèle «des scènes d’un zèle quelque peu disproportionné». Des témoignages recueillis sur place font même état «d’un démontage d’éléments importants du véhicule, contraignant le propriétaire, médusé, à assister à ce dépeçage dont il ignore l’issue».
Le quotidien affirme que «personne, bien entendu, ne conteste la nécessité des contrôles. Mais les usagers veulent l’adoption d’outils plus performants, seuls à même d’accélérer les procédures sans en altérer la fiabilité. Et suggèrent, par ailleurs, que tout véhicule suspect fasse l’objet d’un délestage et d’une fouille à l’écart, sur une voie de garage, comme le veut l’usage dans les postes-frontières dans le monde».
Contraints, de par leurs procédures, «à cette inspection manuelle et traditionnelle, douaniers et policiers se voient contraints d’opérer un contrôle intégral de chaque voiture, faute de moyens techniques adaptés», indique Al Ahdath Al Maghribia, qui explique que «pourtant, des alternatives existent: le recours à des chiens spécialisés, ou l’usage de scanners et de dispositifs électroniques de détection, permettraient de cibler plus finement les trafiquants sans infliger à tous les voyageurs une attente aussi éprouvante».
Le quotidien suggère donc «l’installation d’une zone de scan à l’intérieur même du poste-frontière, ce qui est une nécessité (...) de même que l’adoption d’un système de surveillance manuelle de haute précision –comme celui utilisé par les autorités espagnoles au poste-frontière ou dans le port–, ce qui constituerait une avancée significative». De l’avis d’Al Ahdath Al Maghribia, «ce petit équipement, d’une sensibilité redoutable, permet de déceler, avec une discrétion exemplaire, les objets et substances illicites dissimulés par les contrebandiers, tout en préservant la dignité et le temps des voyageurs».




