Mortalité de sardines en Afrique du Sud: le secrétariat d’État à la Pêche rassure, aucun risque pour la santé humaine au Maroc

Des caisses de sardines.. DR

Alors que des mortalités massives de sardines sont signalées en Afrique du Sud, les autorités marocaines se veulent rassurantes. La sardine pêchée dans le Royaume appartient à une espèce distincte et le virus détecté dans les spécimens sud-africains ne présente aucun risque connu pour la santé humaine.

Le 09/09/2026 à 17h26

Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime assure que la sardine marocaine n’est pas concernée par l’épisode de mortalité qui touche actuellement des sardines en Afrique du Sud. En cause: deux espèces distinctes, évoluant dans des écosystèmes différents.

«Au vu des récents signalements internationaux concernant des épisodes de mortalité observés chez le pilchard sud-africain (Sardinops sagax), le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, en coordination avec l’Institut national de recherche halieutique (INRH), tient à apporter des éclaircissements scientifiques afin de rassurer l’opinion publique, les consommateurs et les professionnels du secteur halieutique», indique un communiqué.

Les mortalités observées en Afrique du Sud concernent Sardinops sagax, une espèce présente notamment dans l’écosystème du courant de Benguela. Des analyses ont mis en évidence la présence de matériel génétique du Pilchard herpesvirus (PHV) chez les poissons étudiés. Les autorités sud-africaines poursuivent toutefois leurs investigations pour déterminer précisément le rôle du virus et celui d’éventuels facteurs environnementaux dans cet épisode.

La sardine pêchée au Maroc appartient, elle, à une autre espèce, Sardina pilchardus, communément appelée sardine européenne, présente dans l’écosystème du courant des Canaries ainsi qu’en Méditerranée. «La présence d’un virus chez l’espèce sud-africaine ne permet pas de conclure à sa présence chez la sardine européenne. À ce jour, le PHV n’a jamais été détecté chez Sardina pilchardus», souligne le département.

Le secrétariat d’État écarte ainsi tout risque pour le consommateur marocain. Le PHV est un virus affectant les poissons et aucun élément scientifique disponible n’indique qu’il puisse infecter l’être humain. Sa détection ne signifie d’ailleurs pas que les sardines commercialisées ou les produits en conserve sont impropres à la consommation, ont également précisé les autorités sud-africaines.

La présence du virus ne suffit pas non plus, à elle seule, à expliquer une mortalité massive. Le PHV a été détecté en Afrique du Sud aussi bien chez des sardines mortes que chez certains spécimens apparemment sains, avec toutefois des charges virales différentes. Des facteurs de stress environnementaux, tels que l’hypoxie, les variations de température ou certaines conditions océanographiques, font donc également l’objet d’investigations

Face aux risques sanitaires émergents affectant les ressources halieutiques, le Maroc maintient un dispositif de surveillance reposant notamment sur l’échange d’informations à l’échelle internationale, l’harmonisation des méthodes de diagnostic et l’adaptation des protocoles nationaux.

Une évaluation scientifique est par ailleurs réalisée avant toute autorisation d’introduction ou de transfert d’animaux aquatiques afin de limiter les risques de transmission d’agents pathogènes. Le suivi sanitaire s’appuie également sur les standards de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Le Pilchard herpesvirus ne figure pas parmi les maladies à déclaration obligatoire, précise le communiqué.

Tout signalement de mortalité inhabituelle, de lésions ou d’anomalies comportementales chez les poissons peut, en outre, déclencher des investigations de terrain, assorties de prélèvements et d’analyses ciblées.

Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime et l’INRH réaffirment ainsi «leur vigilance permanente et leur engagement aux côtés des professionnels de la mer pour garantir la durabilité de nos ressources et la sécurité sanitaire de nos produits halieutiques».

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 09/09/2026 à 17h26