La mortalité observée parmi des bancs de sardines sur la côte ouest de l’Afrique du Sud a conduit les autorités de ce pays à rechercher plusieurs causes biologiques et environnementales. Le 14 août 2026, le Département sud-africain des forêts, de la pêche et de l’environnement a confirmé la présence de matériel génétique du Pilchard herpesvirus, ou PHV, dans des poissons morts, mais également, à des niveaux plus faibles, dans des sardines apparemment saines.
Ce résultat ne permet pas d’attribuer automatiquement les mortalités au virus. Les chercheurs sud-africains examinent parallèlement le rôle éventuel d’un manque d’oxygène, d’une prolifération d’algues nuisibles ou de conditions océanographiques inhabituelles.
Les analyses toxicologiques réalisées n’ont pas identifié de facteur suffisant pour expliquer, à lui seul, l’ampleur du phénomène.
Pour l’instant, aucun lien de transmission avec les eaux marocaines n’a été établi et aucune communication officielle n’a été relevée en ce sens. La distance géographique entre les deux zones, l’absence de cas recensé au Maroc et le caractère encore incomplet de l’enquête sud-africaine excluent toute conclusion alarmiste. Le PHV n’est par ailleurs pas considéré comme transmissible à l’être humain, et sa détection ne signifie pas que les sardines commercialisées ou mises en conserve sont impropres à la consommation.
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L’enjeu marocain se situe donc moins dans la sécurité immédiate du consommateur que dans la capacité de détection précoce. Les experts sud-africains recommandent d’ailleurs l’instauration d’une surveillance moléculaire régulière des captures marocaines.
Les contrôles sanitaires appliqués aux produits de la pêche portent notamment sur leur salubrité, leur traçabilité, les contaminants, les biotoxines et le respect de la chaîne du froid. Toutefois, les informations publiques disponibles à ce jour ne permettent pas d’établir que le PHV figure parmi les agents recherchés de manière régulière dans les sardines marocaines.
Une clarification de l’Institut national de recherche halieutique serait, dès lors, nécessaire sur trois points: l’existence éventuelle d’analyses moléculaires ciblant déjà ce virus, les modalités de prélèvement en cas de mortalité anormale et la possibilité d’intégrer le PHV aux programmes de surveillance des petits pélagiques.
Malgré ce risque potentiel, aucun élément disponible ne démontre que des produits en provenance d’Afrique australe auraient transmis le PHV à des stocks marocains. Cependant, les poissons congelés peuvent circuler entre zones de capture, unités de transformation et marchés de consommation. En revanche, le Royaume devrait identifier l’origine des sardines et autres petits pélagiques importés par le Maroc, leur destination industrielle et les conditions sanitaires exigées à l’entrée du territoire.
Le précédent australien invite également à la prudence analytique. Le PHV avait été associé à d’importantes mortalités de sardines en Australasie dans les années 1990, avant d’être retrouvé dans des populations apparemment saines.
La présence du virus ne suffit donc pas à démontrer qu’il provoquera nécessairement une mortalité massive. Elle constitue plutôt un indicateur à rapprocher de la température de l’eau, de l’oxygénation, de l’état physiologique des poissons et des autres pressions environnementales.
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L’intérêt d’un dépistage préventif tient surtout au poids de la sardine dans la pêche côtière et l’industrie de transformation marocaines. Une mortalité importante, même localisée, pourrait réduire l’approvisionnement des conserveries, accroître la concurrence entre débouchés et provoquer une hausse des coûts unitaires. En outre, les pêcheurs resteraient exposés à une baisse des captures, tandis que les industriels devraient arbitrer entre ralentissement des lignes, diversification des approvisionnements et importations supplémentaires.
La vulnérabilité est renforcée par une valorisation déjà moins dynamique que les volumes. Selon la note de conjoncture d’août 2026 du ministère de l’Économie et des Finances, les débarquements de poissons pélagiques ont progressé de 10,6% en volume à fin juillet, mais leur valeur n’a augmenté que de 1,1%. L’écart correspond à un recul d’environ 8,6% de la valeur moyenne par tonne.
Une perturbation biologique interviendrait ainsi dans un marché où l’augmentation des captures ne se traduit pas proportionnellement dans les recettes. Le risque économique ne résiderait pas seulement dans une éventuelle diminution des volumes. Il concernerait aussi la régularité de l’approvisionnement, les coûts de tri et d’analyse, la confiance des acheteurs et la capacité des entreprises à honorer leurs contrats.




