Les habitants d’un quartier de Salé étouffent à cause des émanations de câbles en plastique brûlés

Des câbles gainés de plastiques, recelant du fil de cuivre à l'intérieur. . DR

Revue de presse Depuis des mois, des individus brûlent quotidiennement des câbles électriques au quartier Rahma à Salé pour en revendre le cuivre. Les gaz émis par les gaines plastiques en feu provoquent des gênes respiratoires d’enfants et de personnes souffrant d’asthme. Les riverains ont multiplié les plaintes, mais la surveillance des lieux et les sanctions sont absentes. Des ONG veulent une enquête, pour ces faits de trafic et de mise en danger des habitants. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 09/07/2026 à 17h53

Tous les jours vers 18 heures, des individus qui agissent bizarrement à la même heure, brûlent des amas de câbles électriques afin d’en récupérer le cuivre, qu’ils revendent ensuite dans un marché informel. Ces combustions improvisées dégagent d’épaisses colonnes de fumée, accompagnées d’effluves suffocantes envahissant l’ensemble du périmètre résidentiel.

Pour échapper à cette toxicité, les familles se barricadent, portes et fenêtres closes, mais cette précaution ne suffit pas à préserver leurs poumons des composés chimiques émanant de la combustion des gaines en plastique et des isolants, relai Al Akhbar de ce vendredi 10 juillet. Les plus vulnérables –enfants, personnes âgées, asthmatiques et sujets allergiques– sont les premières victimes de cette pollution insidieuse, aux effets potentiellement chroniques sur leur santé.

Ces faits récurrents se sont ancrés dans la routine de ce quartier, une scène habituelle qui, selon les habitants, est devenue une menace avérée pour la santé de tous, de même qu’une altération de leur cadre de vie. Tous se posent la même question: comment de telles opérations peuvent-elles se dérouler quasiment en plein jour, sur le même site identifié, sans que des actions fermes ne soient engagées à l’encontre de leurs auteurs, alors même que les plaintes déposées auprès des services compétents se multiplient?

Des représentants des ONG locales, qui se sont mobilisés, indiquent que ce fléau ne se limite pas à une altération de la qualité de l’air, mais participe aussi, par le rejet de substances nocives, à une détérioration durable de l’écosystème local, dont les conséquences sanitaires pourraient se révéler à long terme. À cette donne, s’ajoute une dimension criminelle non négligeable: cette filière illégale est souvent alimentée par des vols de câbles en cuivre, ce qui relie ainsi une infraction environnementale à un circuit de prédation économique et sécuritaire, ce qui rend encore plus complexe la réponse à apporter, écrit Al Akhbar.

Une situation intolérable, de l’avis des riverains, qui en appellent à une mobilisation immédiate des autorités locales, des forces de l’ordre et des services de protection de l’environnement. Les habitants de ce quartier veulent un renforcement de la surveillance aux abords du site, l’ouverture d’une enquête approfondie visant à identifier les commanditaires et exécutants de ces agissements, ainsi que l’application rigoureuse de sanctions prévues par la législation.

Par Hassan Benadad
Le 09/07/2026 à 17h53