Azemmour: la mort massive de poissons révèle l’agonie de l’estuaire d’Oum Er-Rabii

Azemmour, près d'El Jadida, bordée par l'Oum Errabia. 

Azemmour, bordée par l'Oum Er-Rabii. . DR

Revue de presseL’hécatombe de poissons constatée cette semaine à l’embouchure d’Oum Er-Rabii n’est que l’écume visible d’un mal chronique. Entre rejets d’eaux usées, sécheresse persistante et ensablement, l’estuaire d’Azemmour étouffe. Alors que le gouvernement évoque des opérations d’urgence, la société civile dénonce un état de délabrement intolérable et somme les pouvoirs publics de déclencher un plan intégré de sauvegarde. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 23/06/2026 à 19h09

La mort massive de poissons, constatée en ce début de semaine à l’embouchure de l’Oued Oum Er-Rabii, a brutalement replacé sous les projecteurs l’épineux dossier de la pollution dans la région d’Azemmour. Ce drame écologique a provoqué une vague de mécontentement mêlée d’appréhension parmi les habitants, ainsi que parmi les acteurs associatifs et institutionnels œuvrant pour l’environnement. «Tous y voient le symptôme criant d’un mal profond: l’état de délabrement avancé de l’estuaire, conséquence de décennies de rejets polluants et de l’évacuation persistante d’eaux usées insuffisamment traitées», rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 24 juin.

Des représentants de la société civile et des défenseurs des droits humains soulignent que la situation écologique de l’embouchure a désormais franchi un seuil alarmant. De larges portions du fleuve, dont le débit est asséché, se transforment en eaux dormantes, saturées d’agents toxiques issus des activités urbaines et industrielles. Face à ce constat accablant, plusieurs associations environnementales ont interpellé les pouvoirs publics, réclamant non seulement des interventions immédiates et pérennes, mais aussi la mise en œuvre effective des études et programmes annoncés par le passé, sans suite tangible.

Il convient de rappeler que l’Oued Oum Er-Rabii, l’un des principaux cours d’eau du Royaume, subit aujourd’hui des pressions multiples: la sécheresse récurrente, la diminution progressive de son débit, l’étalement urbain incontrôlé et le déversement permanent d’effluents non épurés.

Interrogé par voie parlementaire sur ce dossier, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a fait savoir que ses services avaient réalisé «une opération d’urgence pour rouvrir l’embouchure de l’Oued Oum Er-Rabii». Il a néanmoins admis la persistance d’une «problématique récurrente relative au rejet des eaux usées à Azemmour et dans les localités environnantes», relaie Al Ahdath Al Maghribia.

Parallèlement, une mission d’information temporaire, instituée par la Chambre des représentants, avait identifié cinq causes principales à la dégradation du fleuve, parmi lesquelles figurent les effets conjugués de la sécheresse, la multiplication des barrages édifiés sur ses rives et l’ensablement progressif de son lit. Sur la base de ce diagnostic, la mission a préconisé aux autorités compétentes d’accélérer la réalisation d’un projet intégré de réhabilitation de l’embouchure, en ciblant en priorité la création d’une station de traitement des eaux usées.

Par Hassan Benadad
Le 23/06/2026 à 19h09