Incivisme et espaces publics: «Ce qui n’était qu’épiphénomène tend à gagner du terrain», avertit le CESE

Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental, le 10 juin 2026 à Rabat. (Y.Mannan/Le360)

Le 10/06/2026 à 18h50

VidéoPour le Conseil économique, social et environnemental (CESE) la co-organisation avec l’Espagne et le Portugal pourrait constituer une opportunité pour se réapproprier les valeurs sociales à l’origine de la coexistence respectueuse qui caractérise le Maroc.

S’appuyant sur un sondage qu’il a récemment réalisé auprès du public, le CESE a, en premier lieu, regretté que les questions liées à l’environnement, à la propreté, à la pollution ainsi qu’à la dégradation des biens publics aient été signalées par 77% des répondants. Viennent ensuite les violences physiques et morales ou le harcèlement dans les espaces publics, cités par 74% des répondants, ainsi que la délinquance routière et le non-respect du Code de la route, mentionnés par 40%.

Ces comportements «englobent les conduites dangereuses qui peuvent malheureusement mener à de graves accidents», regrette le CESE, qui alerte sur la nécessité de lutter contre de tels agissements grâce à l’école et à l’enseignement.

Le Conseil considère que «la consolidation du civisme est un levier essentiel pour la cohésion sociale, la confiance sociétale, ainsi que pour la corrélation entre les droits et les devoirs».

L’institution que préside Abdelkader Amara formule un certain nombre de propositions, axées principalement sur l’éducation, l’exemplarité ainsi que sur l’amélioration de «la qualité de plusieurs services». En outre, selon le Conseil, il doit aussi y avoir «une approche dissuasive et répressive».

Le CESE appelle à la mise en place d’un projet national autour du civisme et estime que la co-organisation par le Maroc, avec l’Espagne et le Portugal, de la Coupe du monde 2030 pourrait constituer une opportunité.

«Il convient également d’examiner la possibilité que la Fondation Maroc 2030, qui assume désormais des missions majeures, contribue, aux côtés de la société civile marocaine, à ancrer ce comportement», a-t-il conclu.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 10/06/2026 à 18h50