Habitat menaçant ruine: l’ombre du drame de Fès a plané sur le Conseil de l’Agence pour la rénovation urbaine

Le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim (Y.Mannan/Le360).

Le 25/05/2026 à 19h03

VidéoRéuni à Rabat, le 6ème Conseil de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR) a remis au centre des préoccupations la question des constructions vétustes et de la sécurité du bâti au Maroc. Le Conseil a notamment examiné le bilan national des édifices à risque, tout en appelant à une accélération des programmes de rénovation urbaine et à une meilleure coordination des interventions au niveau territorial.

Réuni à Rabat, le 6ème Conseil de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR) a été consacré à l’examen de la convention-cadre de référence ainsi qu’au bilan national relatif aux constructions vétustes et aux édifices présentant des risques structurels. Bien que ne figurant pas officiellement à l’ordre du jour de cette session tenue ce lundi 25 mai, l’effondrement dramatique de l’immeuble de Aïn Nokbi, à Fès, a largement dominé les échanges et les préoccupations des participants.

Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 mai, un immeuble composé de 11 appartements s’est effondré, provoquant la mort de 15 occupants. À la suite du drame, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Fès a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de déterminer les circonstances de la catastrophe et d’établir les éventuelles responsabilités.

De son côté, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a appelé à une hiérarchisation claire des responsabilités, insistant sur la nécessité de consacrer le principe de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes.

Dans ce contexte, l’ANRUR a rappelé que sa mission principale consiste à intervenir sur les tissus urbains dégradés, à accompagner les opérations de réhabilitation et à traiter les bâtiments vétustes présentant un danger pour les habitants et l’espace public.

L’Agence a toutefois souligné que le suivi des constructions insalubres, le contrôle du respect des normes de construction ainsi que la mise en œuvre des mesures de prévention relèvent principalement des compétences des collectivités territoriales, des communes et des autorités préfectorales.

Lors de cette réunion, l’Agence et le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, ont plaidé pour une accélération des programmes d’intervention dans plusieurs régions du Royaume, notamment dans la région d’Agadir.

Dans une déclaration accordée à Le360, le secrétaire d’État, qui préside le Conseil de l’ANRUR, a indiqué que cette sixième session avait validé le programme d’action 2025 relatif au traitement des bâtiments menaçant ruine. «Nous avons recensé cette année environ 57.000 édifices, dont près de 28.000 ont fait l’objet d’expertises techniques, permettant ainsi d’engager les interventions et traitements nécessaires», a précisé Adib Benbrahim.

Le Conseil a également examiné le bilan de la convention-cadre déployée au niveau de la ville de Rabat, notamment pour les médinas et les patrimoines historiques. Selon le secrétaire d’État, cette expérience constitue «un grand succès», grâce à la mobilisation coordonnée des différents intervenants institutionnels, dont l’ANRUR.

Et d’ajouter: «Nous avons d’ailleurs commencé à généraliser cette approche à travers des réunions de concertation engagées avec les wilayas de Tanger, Marrakech et Casablanca. L’objectif est de déployer une action concertée à l’échelle régionale, aussi bien pour le traitement des bâtiments menaçant ruine que pour les opérations de rénovation urbaine.»

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 25/05/2026 à 19h03