Les tarifs des billets des ferries reliant le détroit de Gibraltar connaissent une hausse sans précédent, atteignant parfois plus du triple de leur valeur habituelle. Cette flambée des prix affecte particulièrement les véhicules et suscite une vive inquiétude parmi les usagers de cette traversée, notamment au sein de la communauté marocaine résidant à l’étranger ainsi que chez les touristes voyageant dans les deux sens, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 25 juin. Cette hausse, amorcée l’été dernier, s’est maintenue de manière continue pour l’ensemble des compagnies maritimes. Contrairement aux pratiques habituelles, aucune baisse n’a été enregistrée au cours de la période hivernale, et aucune réduction n’a été accordée par les opérateurs, rompant ainsi avec les habitudes des années précédentes. Cette situation découlerait d’accords tacites visant à augmenter les tarifs, en violation flagrante des lois strictes sur la concurrence appliquées notamment par les autorités espagnoles, souligne Al Ahdath Al Maghribia.
Plusieurs sources attribuent cette augmentation à l’absence de concurrence réelle entre les différentes compagnies de transport maritime opérant sur les lignes reliant Ceuta, Algésiras et le port de Tanger Med. Cette situation est en grande partie imputable à l’hégémonie quasi-totale d’une seule compagnie. Ce monopole lui permet de contrôler pleinement le prix des billets et de les hisser à des niveaux jugés inacceptables. Cet alignement pousse les autres compagnies, y compris un opérateur marocain basé à Tanger Med, à augmenter également leurs tarifs. Face à cette situation, plusieurs ONG espagnoles ont exhorté les autorités à mettre en place un contrôle strict afin de mettre un terme à cette hausse vertigineuse des prix des billets. Les compagnies maritimes y imposent constamment des tarifs exorbitants, sans aucune considération pour les voyageurs, que ce soit en période normale ou de forte affluence. Les difficultés s’accentuent pour les familles nombreuses voyageant avec de grands véhicules et plusieurs enfants, une caractéristique pourtant majeure de la diaspora marocaine.
Selon le propriétaire d’une agence de billetterie, cité par Al Ahdath Al Maghribia, les prix atteints cette année sont historiques et déroutants. Le coût d’un voyage aller-retour pour une personne accompagnée d’une voiture frôle désormais les 3.500 dirhams, alors qu’il ne dépassait pas 1.000 dirhams par le passé, voire moins lors de certaines périodes. De plus, chaque billet supplémentaire pour un passager piéton ne descend pas en dessous de 600 dirhams pour un aller-retour. En réponse à cette situation et au manque de compétitivité entre les compagnies, les membres de la diaspora marocaine réclament l’intervention de la commission de coordination de l’opération de transit afin d’inclure cette question au centre de ses priorités.
Ils appellent à l’ouverture de discussions avec les compagnies de transport maritime pour étudier la possibilité de réduire les tarifs et de proposer des réductions, même temporaires, afin de permettre au plus grand nombre de voyager durant les vacances actuelles et à venir. Par ailleurs, de nombreuses voix s’étonnent du silence des autorités face à cette flambée des prix. Ces tarifs prohibitifs, qui pèsent lourdement sur la décision de certaines familles marocaines de voyager par voie maritime contraignent la majorité d’entre elles à débourser, en moyenne, jusqu’à 10.000 dirhams uniquement pour franchir le détroit, un montant particulièrement élevé pour les conducteurs de grands véhicules transportant de cinq à six personnes, d’autant qu’il s’agit d’une simple traversée, d’une distance de seulement 14 kilomètres.




