Fès suffoque sous la chaleur: la médina paralysée

La Médina de Fès. (Y.Jaoual/Le360)

Le 05/07/2026 à 09h02

VidéoLa vague de chaleur qui frappe la capitale spirituelle du Maroc, avec des températures dépassant les 44 °C, ne se limite pas à bouleverser le quotidien des habitants. Elle a aussi plongé la médina dans un profond ralentissement commercial, accentuant le marasme que connaissent les marchés traditionnels à l’arrivée de l’été.

Des ruelles de Bab Boujloud à Talaâ Kbira et Talaâ Sghira, en passant par la place Nejjarine et Bab Moulay Idriss, les commerçants témoignent d’un recul inédit des ventes. «Ce phénomène se répète chaque été et fragilise les revenus des artisans, qui ne retrouvent leur souffle qu’en automne et au printemps, en haute saison», confie Hussein, installé à Talaâ Kbira.

Youssef, vendeur de tapis, affirme à son tour que les touristes étrangers, principaux acheteurs, privilégient en cette saison les villes côtières au climat plus doux, comme Tanger ou Asilah.

«Les ruelles de la médina sont ‘paralysées’ par la chaleur, et les boutiques ouvrent tardivement faute de clients», décrit Mouhsine, un autre commerçant.

Omar, vendeur de caftans, évoque un «marasme inédit» qui pèse lourdement sur les commerçants, contraints de payer loyers, factures et impôts malgré des recettes en chute libre.

Certains estiment que la vague de chaleur n’est pas seule en cause. Abbas, vendeur d’encens à Bab Moulay Idriss, pointe aussi le désordre des marchés et la concurrence de produits artisanaux vendus hors des murailles, ainsi que la prolifération de guides touristiques non autorisés, qui ternissent l’image de la médina.

Pour Abdelhaq Benjelloun, commerçant à Nejjarine, l’été est désormais «l’une des périodes les plus difficiles» pour Fès, autrefois surnommée «le pays du repos». Les professionnels n’attendent qu’une chose : le retour de températures plus clémentes et d’une fréquentation touristique capable de redonner vie aux ruelles historiques.

Par Youssra Jaoual
Le 05/07/2026 à 09h02