Le quartier Hay Mohammadi, situé à Casablanca, est actuellement le théâtre d’une montée des tensions sociales. Les habitants expriment leurs vives inquiétudes, devant les conséquences potentielles d’un nouveau projet d’aménagement urbain, surtout après la classification de certaines parties de Derb Moulay Chrif dans ce qu’il est convenu d’appeler le «secteur de renouvellement urbain». Cette mesure est perçue par les acteurs locaux et les résidents comme une première étape vers des opérations de démolition et de restructuration, qui pourraient aboutir à l’éviction de plusieurs familles, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du 18 mai.
Le projet a suscité une vague de rejet parmi les habitants de ce quartier, qui redoutent que les opérations de réhabilitation urbaine ne se transforment en un outil de spéculation immobilière, au détriment de la stabilité sociale et du droit des habitants à résider dans leur quartier d’origine. Des informations circulent, indiquant que les résidents auraient déposé des recours contre le projet d’aménagement, une démarche qui reflète l’ampleur de l’inquiétude des habitants, à propos de l’avenir de leur quartier et le sort qui sera dévolu aux membres de leur famille, menacés d’expulsion ou de déplacement forcé, écrit Al Akhbar.
Une réunion exceptionnelle du conseil de Hay Mohammadi s’est tenue le 3 avril 2026, dédiée à l’examen du projet. À l’issue de cette réunion, les participants ont rejeté la version actuelle du projet d’aménagement et exigé son retrait, réclamant une refonte selon une approche participative. Des observateurs soulignent que la classification de Derb Moulay Chrif dans le «secteur de renouvellement urbain» soulève plusieurs questions, tant sur le plan juridique que social. Devant l’escalade des tensions, Fatima Ettamini, membre de l’équipe parlementaire de la Fédération de la gauche démocratique, a adressé une question écrite à la ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, du Logement et de la Politique de la ville. Dans ce courrier, elle exprime les craintes des habitants de Derb Moulay Chrif concernant leur éventuel déplacement dans le cadre du projet d’aménagement. «Il est crucial de s’assurer que ce projet ne sert pas à déplacer les populations les plus vulnérables au profit de la spéculation immobilière», a-t-elle souligné.
Elle interroge également la ministre sur les fondements juridiques et techniques du projet, ainsi que sur la réalisation d’études d’impact social et économique liées aux conséquences du nouveau plan d’urbanisme pour les résidents.
Dans ce même courrier, la députée insiste sur la nécessité d’adopter une approche participative véritable pour la réhabilitation du quartier Hay Mohammadi. «La réhabilitation d’un quartier doit se faire avec ses habitants, pas contre eux. Il faut améliorer leurs conditions de vie sans les chasser», a-t-elle affirmé. Les habitants de Hay Mohammadi attendent avec impatience l’évolution de ce dossier, alors que les appels se multiplient pour suspendre toute mesure de démolition ou d’expulsion jusqu’à ce qu’un dialogue élargi permette de concilier les impératifs du développement urbain et les droits sociaux des résidents.




