Des investigations journalistiques belges ont mis au jour des investissements immobiliers estimés à plusieurs millions d’euros, attribués au Marocain Nacer Eddine Tarrahi, surnommé «Nadori», après son extradition des Émirats arabes unis vers la Belgique. Cette remise fait suite à sa condamnation par contumace dans une affaire de trafic international de cocaïne.
«Le parquet d’Anvers a confirmé, mercredi dernier, la remise de Tarrahi aux autorités belges après sa condamnation, en mai 2026, à douze ans de prison dans une affaire de trafic de cocaïne», rapporte Assabah dans son édition du week-end des 17 et 18 octobre. La procédure d’extradition a ravivé l’intérêt porté au patrimoine immobilier accumulé par le mis en cause durant son séjour à Dubaï.
C’est une enquête du journal belge De Tijd qui a révélé l’acquisition et la revente, pour des sommes considérables, de biens immobiliers de luxe, alors même que l’intéressé était poursuivi par la justice belge. D’autres sources indiquent qu’il posséderait également des biens immobiliers au Maroc.
Les rapports des services de sécurité belges indiquent que Tarrahi a acquis six propriétés de luxe à Dubaï entre 2019 et 2021, pour un montant global estimé à 5,5 millions d’euros, avant de les revendre pour 8 millions d’euros, dégageant ainsi un bénéfice de 3 millions d’euros. Ces investissements révèlent l’étendue géographique de son patrimoine, notamment au Maroc, son pays d’origine.
Les autorités belges éprouvent des difficultés à saisir les biens du trafiquant de cocaïne, leur recensement s’avérant malaisé, tant aux Émirats arabes unis qu’au Maroc. La justice belge a ordonné la saisie de 5 millions d’euros, mais n’a pu mettre la main que sur des avoirs estimés à environ 50 000 euros. «Parmi les biens saisis figuraient un montant modique déposé sur un compte bancaire, des espèces en francs suisses ainsi que d’autres actifs», écrit Assabah.
En revanche, aucun des biens immobiliers acquis à Dubaï n’a été confisqué, ce qui suscite des interrogations sur le sort des revenus des opérations de vente et sur la possibilité de retracer ses transferts financiers.
Le présumé trafiquant de cocaïne avait quitté la Belgique pour se rendre à Dubaï, où il a séjourné jusqu’à son arrestation par les services de sécurité émiratis et son extradition vers la Belgique. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans une affaire de cargaison de cocaïne destinée au port d’Anvers, l’un des plus grands ports européens ciblés par les réseaux de trafic de drogue.




