Tourisme: l’Égyptien Pickalbatros décroche 250 millions de dollars auprès de l’IFC et d’Attijariwafa bank

Le groupe hôtelier Pickalbatros Hotels & Resorts a signé, jeudi 15 octobre à Marrakech, un accord avec la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, et Attijariwafa bank, afin de soutenir le développement et la modernisation de son portefeuille hôtelier au Maroc. (M.Lamrikhi/Le360)

Le 15/10/2026 à 21h18

VidéoL’Égyptien Pickalbatros veut passer de 2.700 à 7.000 chambres au Maroc d’ici 2030. Il a signé ce jeudi 15 octobre à Marrakech un accord de financement de 250 millions de dollars avec l’IFC, membre du Groupe de la Banque mondiale, et Attijariwafa bank. L’enveloppe servira à acquérir des hôtels, à étendre le portefeuille et à financer des projets de mise à niveau durable à Casablanca, Marrakech et Agadir. Le groupe a déjà ajouté plus de 1.400 chambres au Maroc en deux ans.

Le groupe hôtelier Pickalbatros Hotels & Resorts a signé, ce jeudi 15 octobre à Marrakech un accord de 250 millions de dollars avec la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, et Attijariwafa bank. Il s’agit de la plus importante opération de financement hôtelier soutenue par l’IFC dans l’histoire du Maroc.

L’enveloppe est destinée à l’acquisition d’hôtels, à l’expansion du portefeuille et à des projets de mise à niveau durable à Casablanca, Marrakech et Agadir. Elle soutiendra en premier lieu les deux acquisitions récentes du groupe dans la capitale économique, le Sofitel Casablanca Tour Blanche et le Mövenpick Hotel Casablanca, ainsi que les travaux de rénovation des deux établissements. Les hôtels de Marrakech et d’Agadir seront également modernisés.

L’accord a été signé par Kamel Abou Aly, fondateur et président de Pickalbatros Hotels & Resorts, et Moustafa El-Shenety, fondateur et co-directeur général de Zilla Capital. David Tinel, responsable de l’IFC pour le Maroc, et Mohamed Redouane El Alj, directeur exécutif du Groupe Attijariwafa bank, ont également apposé leur signature. Pour les signataires, «l’opération est une étape importante pour le tourisme national, étant donné qu’elle confirme l’intérêt des institutions financières, étrangères comme marocaines, pour l’hôtellerie du pays».

Plus de 1.400 chambres en deux ans

L’opération s’inscrit dans une phase d’expansion rapide. Au cours des deux dernières années, le groupe a ajouté plus de 1.400 chambres au Maroc. Son portefeuille compte désormais plus de 2.700 chambres réparties sur neuf hôtels. Pickalbatros dit aussi investir dans l’efficacité énergétique et hydrique, la réduction de son empreinte environnementale et l’alignement de ses établissements sur les normes internationales de construction écologique et de tourisme durable.

Dans une déclaration pour Le360, Kamel Abou Aly a salué l’arrivée de l’IFC comme partenaire financier de long terme, aux côtés d’Attijariwafa bank, dont le soutien de longue date a été déterminant dans la croissance du groupe. Selon lui, l’opération réunit l’expertise de la finance internationale du développement et celle de la première banque du Maroc.

Le président de Pickalbatros a replacé le financement dans le contexte d’un tourisme marocain en pleine progression. Le Maroc est la destination la plus visitée d’Afrique, avec un record de 19,8 millions de touristes en 2025. «Alors que le Royaume ambitionne d’atteindre 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030, année où il coorganisera la Coupe du monde de la FIFA aux côtés de l’Espagne et du Portugal, le groupe investit dans l’expansion et la modernisation de son portefeuille hôtelier afin de répondre à la demande croissante en hébergements de qualité», a affirmé Kamel Abou Aly.

Il attend de ce financement un apport de devises pour le pays et une injection de capitaux dans l’ensemble du secteur. «La concurrence crée la qualité», a-t-il estimé, ajoutant que la multiplication des projets touristiques tire la croissance de l’hôtellerie.

Sur les futures implantations, Kamel Abou Aly a indiqué que rien n’est fixé de manière exclusive. Marrakech, Agadir et Casablanca, où le groupe est déjà présent, restent des places fortes. Mais d’autres villes sont possibles. «J’espère qu’un jour nous réaliserons notre rêve d’être présents à Dakhla», a-t-il confié, convaincu que la ville deviendra une étape majeure du tourisme balnéaire.

Kamel Abou Aly entretient un lien profond avec le Maroc. Il est marié à une Marocaine et leurs trois enfants ont la nationalité marocaine. Sa famille reste attachée au pays et inscrit ses investissements dans la durée, a assuré son épouse, dans une déclaration pour Le360.

7.500 emplois attendus

David Tinel a qualifié l’accord de «très important», le tourisme étant un secteur prioritaire pour l’IFC, notamment à l’approche du Mondial 2030. Le responsable de l’IFC attend de l’opération la création d’«environ 7.500 emplois», directs et indirects. «C’est très substantiel», a-t-il souligné.

Il a rappelé que le Maroc a enregistré près de 20 millions d’arrivées internationales l’an dernier, avec une dynamique positive d’année en année. Pour lui, l’attractivité du pays tient à ses hôtels et à ses plages, mais aussi aux activités annexes, aux industries culturelles et créatives qui offrent aux visiteurs une expérience complète. L’IFC entend poursuivre son accompagnement du secteur dans les prochaines années.

Abdelaziz El Kahwane, vice-président de Pickalbatros Hotels & Resorts Maroc, a, quant à lui, souligné que l’accord est «le fruit de plus d’un an de travail et de concertation entre les différentes parties prenantes». Il a fixé le cap du groupe, qui veut porter son parc à 7.000 chambres d’ici 2030, contre environ 3.000 aujourd’hui. «Cet accord ne sera ni le premier ni le dernier. Il y a encore de grands accords à venir», a-t-il assuré.

Par Hajar Kharroubi et Mohamed Lamrikhi
Le 15/10/2026 à 21h18