Autisme: 14.000 nouveaux cas par an, mais une prise en charge largement insuffisante

Les enfants qui naissent avec un trouble autistique nécessitent des interventions éducatives spécialisées.

Revue de presseLe Maroc enregistre chaque année 14.000 nouveaux cas d’autisme, touchant près de 740.000 personnes, dont 280.000 enfants. Pourtant, la prise en charge publique reste limitée à 6.120 enfants. Mohammed Sajidi, président de l’association «Vaincre l’autisme», dénonce une «exclusion organisée» et alerte l’opinion publique sur les manques de moyens et de structures adaptées. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 15/04/2026 à 18h38

«Chaque année, le Maroc enregistre 14.000 nouveaux cas d’autisme», a indiqué Mohamed Sajidi, président de l’association «Vaincre l’autisme». Cité par le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 16 avril, le militant associatif a souligné que ce Trouble du spectre autistique (TSA) touchait environ 740.000 personnes, dont 280.000 enfants. «Chaque jour, 36 enfants naissent avec ce trouble, ce qui représente environ 14.000 nouveaux cas par an», a-t-il précisé.

Face à l’engagement du gouvernement de prendre en charge seulement 6.120 enfants autistes, Sajidi a dénoncé une mesure largement insuffisante. «Ce chiffre ne couvre qu’une infime partie des enfants concernés et encore moins de l’ensemble des personnes atteintes d’autisme au Maroc», a-t-il affirmé, qualifiant cette initiative non pas de «politique publique», mais d’«exclusion organisée».

Le président de l’association a également tenu à rappeler une réalité fondamentale s’agissant d’une prise en charge qui se limite, telle qu’annoncée, à la scolarisation. «La scolarisation n’est pas un traitement. Elle ne constitue pas une prise en charge de l’autisme», dénonce-t-il. Il a insisté sur le fait que les auxiliaires de vie scolaire ne sont pas des thérapeutes et ne peuvent se substituer aux interventions éducatives spécialisées, aux approches scientifiquement validées ou aux programmes intensifs précoces. «Réduire l’autisme à une simple question de scolarisation, c’est nier la nature même de ce trouble neurodéveloppemental», a-t-il martelé.

Sajidi a décrit le fardeau financier qui pèse sur les familles, contraintes d’assumer seules les coûts de la prise en charge, écrit Al Ahdath Al Maghribia. «Les dépenses mensuelles varient entre 3.000 et 12.000 dirhams, souvent sans cadre structuré, sans garantie de qualité et sans continuité dans le parcours de vie», a-t-il déploré.

Récemment, à l’occasion de la 19e Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le gouvernement a annoncé une «accélération» de ses mesures et programmes, avec une enveloppe budgétaire de 500 millions de dirhams, la généralisation des aides à la scolarisation et le déploiement d’outils numériques. Cependant, Sajidi a réagi avec prudence à ces annonces. «Elles reconnaissent implicitement l’existence d’un besoin réel, mais soulèvent une question essentielle: s’agit-il d’une véritable politique publique pour l’autisme, ou simplement d’une communication sans impact concret?», s’interroge-t-il.

Par La Rédaction
Le 15/04/2026 à 18h38