L’arnaque électronique n’a décidément pas de frontières. Le Maroc aussi en a fait les frais récemment. Mais, heureusement, les services de sécurité veillent au grain et ont rapidement réagi avec succès. Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mercredi 20 octobre, qu’un réseau cybercriminel international opérant à partir de la Chine est représenté au Maroc par un duo, un homme et une femme, qui lui servent de relais pour détourner, à l’aide de logiciels sophistiqués, des fonds sur des comptes bancaires locaux.
Selon les données de l’enquête préliminaire, l’homme et la femme arrêtés par la PJ de Casablanca disposaient d’un puissant logiciel appelé «SIM BOX», qui sert à détourner les appels téléphoniques internationaux en s’appuyant illégalement sur le protocole Internet «VoIP», afin de revendre frauduleusement les crédits d’appels de leurs victimes et de réaliser ainsi d’importants bénéfices.
Les deux prévenus utilisaient la technique du «phishing», ou hameçonnage, en envoyant des SMS à leurs victimes au Maroc. Ces SMS ont souvent trait au paiement d’une contravention routière ou d’une autre somme et sont accompagnés d’un lien de paiement. L’ouverture de ce lien par la victime permet aux cybercriminels de vider instantanément son compte bancaire.
La PJ, après avoir réussi à localiser le domicile des deux prévenus, y a découvert un important lot de matériel informatique et téléphonique. Ainsi, selon Assabah, des milliers de puces téléphoniques servant à envoyer simultanément des séries de SMS à de nombreuses victimes potentielles ont été retrouvées sur place.
L’arrestation des membres du réseau criminel intervient à la suite de nombreuses plaintes déposées auprès de la police par des citoyens faisant état de détournements de fonds sur leurs comptes bancaires. Ces détournements ont été réalisés au moyen de messages frauduleux prétendument envoyés, le plus souvent, par la NARSA (Agence nationale de la sécurité routière).
Cette dernière a d’ailleurs, à plusieurs reprises, mis en garde contre les SMS envoyés en son nom, assurant qu’elle n’envoie jamais de lien pour un quelconque paiement. De même, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a mis en garde les institutions publiques nationales, via sa plateforme «antiphishing.ma», contre l’usage de leurs noms dans des opérations d’hameçonnage. Bank Al-Maghrib a, pour sa part, conseillé à la clientèle des banques locales de ne jamais partager ses données confidentielles.




