Tanger: démantèlement d’un réseau de trafic de drogue international en lien avec un homme politique

Saisie de près de 172 kg de résine de cannabis, à Bab Sebta.

Revue de presseLes forces de la Gendarmerie Royale ont mené un coup de filet majeur dans la région de Tanger, saisissant une tonne et demie de résine de cannabis et découvrant des infrastructures logistiques clandestines à proximité du barrage du 9-Avril. Cette opération fait suite à l’arrestation à Casablanca du frère d’un influent responsable politique local, soupçonné d’être au cœur d’un réseau international. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 29/06/2026 à 18h43

La Gendarmerie Royale a mené une vaste opération de perquisition dimanche matin dans des entrepôts situés dans la région de Dar Chaoui, à proximité du barrage du 9-Avril. Ces descentes, survenues après la découverte de la transformation de ces locaux en caches pour le stockage de stupéfiants, ont permis de révéler une affaire d’envergure liée à un influent homme politique de Tanger. Les hangars ciblés appartiennent en effet au frère de ce dernier, indique le quotidien Al Akhbar de ce mardi 30 juin. L’opération a été déclenchée immédiatement après l’interpellation du frère de ce responsable politique, vendredi dernier à Casablanca.

Cette arrestation fait suite à l’émission de mandats de recherche internationaux pour trafic de drogue à l’échelle mondiale, après la saisie au port de Tanger Med de camions chargés de stupéfiants. Les premières investigations policières ont rapidement permis d’établir des liens avec le suspect, localisé et arrêté à Casablanca, à l’issue de minutieuses investigations. L’assaut de dimanche a mobilisé d’importantes unités de la Gendarmerie Royale, appuyées par des brigades cynotechniques spécialisées, écrit Al Akhbar. Le bilan matériel fait état de la saisie de près d’une tonne et demie de résine de cannabis, ainsi que de plusieurs remorques frigorifiques dépourvues de plaques d’immatriculation légales.

Dans les alentours de cette opération d’envergure, le gardien d’un entrepôt voisin a été interpellé, en raison de soupçons sur son implication potentielle dans les activités de ce réseau. Il a été placé en garde à vue «pour les besoins d’une enquête approfondie, visant à déterminer l’ensemble des ramifications du réseau», écrit le quotidien. L’emplacement stratégique des entrepôts, situés dans une zone forestière près de la retenue d’eau, entraîne de vives inquiétudes quant à une nouvelle méthode d’acheminement de cette drogue. Les enquêteurs suspectent l’utilisation des plans d’eau intérieurs pour le transport des cargaisons, notamment via des avions de tourisme. Des investigations précises sont en cours concernant l’usage des barrages de la périphérie de Tanger en tant qu’hydroports clandestins. Selon des spécialistes, «ce glissement des routes maritimes classiques vers les eaux intérieures démontre une évolution majeure des techniques criminelles. Les trafiquants profitent du calme plat de la surface lacustre, bien moins hostile que les vagues de la mer, pour faire amerrir et décoller de petits avions, qui se posent brièvement pour charger la cargaison de drogue avant de repartir discrètement, comme des hydroplanes, échappant ainsi aux radars et aux méthodes de surveillance conventionnelles».

Cette menace inédite a conduit les autorités à effectuer, récemment, «un balayage aérien complet de la zone à l’aide d’hélicoptères de la Gendarmerie Royale», indique Al Akhbar. Cette surveillance accrue a été décidée après le repérage répété d’avions légers suspects à proximité immédiate des barrages Ibn Battouta et du 9-Avril. Les services de sécurité de Tanger et de la province de Fahs-Anjra se retrouvent ainsi engagés «dans une lutte ouverte contre ces barons de la drogue convertis à la voie aérienne», précise le quotidien, indiquant que «les enquêteurs [de la Gendarmerie royale] s’attachent d’ailleurs à établir l’ensemble des faits à propos d’un autre incident, récent, au cours duquel une importante quantité de stupéfiants a été chargée à bord d’un hélicoptère depuis un douar de la région de Ksar Sghir». Selon Al Akhbar, «l’appareil avait réussi à décoller en toute sécurité avant d’être brièvement repéré par les Forces Armées Royales alors qu’il traversait le détroit de Gibraltar vers une destination inconnue en Espagne, où il a finalement disparu des écrans radars locaux».

Par La Rédaction
Le 29/06/2026 à 18h43