Recherche scientifique: des députés regrettent un budget inférieur à 1% du PIB

Azzedine El Midaoui, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, lors de son allocution devant la Chambre des représentants, le 1 juin 2026. (Y.Mannan/Le360)

Le 01/06/2026 à 20h14

VidéoDes députés ont regretté, ce lundi à la Chambre des représentants, que le budget consacré à la recherche scientifique au Maroc ne dépasse pas 1% du Produit intérieur brut, alors que d’autres pays atteignent une moyenne de 2%. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a défendu les réformes engagées pour structurer le secteur, renforcer sa gouvernance et améliorer son financement.

Des députés ont regretté, ce lundi devant la Chambre des représentants, que le budget total consacré à la recherche scientifique au Maroc ne dépasse guère 1% du Produit intérieur brut (PIB), alors que dans d’autres pays, il atteint une moyenne de 2%.

Intervenant lors de la séance des questions orales de ce lundi 1er juin, le député istiqlalien Abdelaali Barouki a invité le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, à accorder une priorité plus importante à ce secteur afin d’élever le niveau de l’enseignement, de l’innovation et du savoir dans le pays.

Dans leurs interventions, plusieurs députés ont également appelé le secteur privé, notamment les entreprises, à contribuer davantage au financement de la recherche scientifique.

Le ministre PAMiste a répondu en dressant un constat critique de la situation héritée dans ce domaine. Selon lui, la recherche scientifique «nécessite tout d’abord un cadre juridique et une organisation rigoureuse que nous n’avions pas, notamment au niveau des ressources humaines et des standards internationaux».

Azzedine El Midaoui a également estimé que le financement de la recherche scientifique était limité, que ses procédures suscitaient des interrogations et qu’il existait un manque d’évaluation régulière, périodique et continue.

Il a ajouté que la nouvelle loi 59.24, adoptée sous son mandat, consacre un chapitre entier ainsi que 14 articles à la recherche scientifique, «ce qui n’existait pas dans la loi 01.00». Selon lui, l’institutionnalisation de la recherche scientifique et de ses structures «n’était pas reconnue, car les laboratoires n’avaient aucune existence légale».

Pour asseoir la recherche scientifique sur des bases plus solides, le ministre a soutenu que la nouvelle loi révise le fonctionnement du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), afin de permettre à cette institution de «ne plus se limiter à la coordination, mais d’exercer pleinement la pratique de la recherche».

Il a aussi mis en avant la révision de la loi relative à l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ). Le ministre a, par ailleurs, évoqué la préparation de la stratégie nationale de la recherche scientifique pour la période 2026-2035, ainsi que la mise en place d’une stratégie universitaire pour l’innovation, fondée sur une organisation plus rigoureuse, une meilleure gouvernance et des mécanismes avancés au sein des universités.

Entre faiblesse du financement, nécessité d’impliquer davantage le secteur privé et réforme du cadre juridique, le débat parlementaire a mis en lumière les défis persistants de la recherche scientifique au Maroc. Le gouvernement assure vouloir poser les bases d’un système plus structuré, mais les députés attendent désormais des moyens à la hauteur des ambitions affichées.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 01/06/2026 à 20h14