Le retrait fracassant de plusieurs élus de premier plan des rangs du RNI secoue la scène politique de la capitale marocaine, plongeant le conseil communal de Rabat dans une zone de fortes turbulences. Menés par Fatiha El Moudni, maire de Rabat, et Adil El Atrassi, président de l’arrondissement de Souissi, ces départs massifs annoncent une rupture définitive avec l’appareil organisationnel et politique du parti. Pour justifier leur démarche, les démissionnaires ont invoqué des «considérations objectives qui rendaient impossible la poursuite de leurs missions partisanes et politiques selon les standards qu’ils s’étaient fixés, tout en réitérant leur engagement à continuer de servir les habitants de Rabat et à défendre leurs intérêts jusqu’au terme de leur mandat actuel», indique Al Akhbar de ce mercredi 10 juin.
Cette vague de démissions intervient dans «un contexte temporel particulièrement sensible», qui intervient alors même que le RNI a officiellement annoncé la liste de ses candidats pour les prochaines échéances législatives. L’absence remarquée des noms de vieux routiers de la gestion locale à Rabat et à Souissi a été à l’origine de ces remous. «Adil El Atrassi a d’ailleurs publiquement confirmé qu’il avait reçu des assurances quant à l’obtention de l’accréditation du parti pour se présenter dans la circonscription de Rabat-Chellah, une promesse qui n’a finalement pas été honorée par la direction nationale, devenant ainsi l’étincelle majeure de cette rupture».
En conséquence, «la Fédération de la gauche démocratique (FGD), siégeant au conseil communal, s’est immédiatement invitée dans le débat», écrit Al Akhbar. Omar El Hyani, élu du FGD a exigé «la démission pure et simple de la maire et du président d’arrondissement de leurs fonctions institutionnelles actuelles». Selon ce parti de gauche, le fait que ces élus «continuent d’exercer sous l’étiquette du RNI alors qu’ils ont rompu leurs liens avec le parti, pose un sérieux problème éthique et politique», qualifié de «rupture du pacte électoral avec les citoyens qui avaient voté pour un programme politique et partisan bien précis lors du scrutin du 8 septembre 2021».
La FGD a également insisté sur «la nécessité de respecter les règles de gouvernance, de transparence et de corrélation entre responsabilité et reddition de comptes au sein des institutions élues, tout en appelant l’autorité de tutelle à intervenir pour prendre les mesures juridiques appropriées face à cette situation inédite». Les retombées de cette crise dépassent «le simple cadre des positionnements partisans et ouvrent la porte à de vastes interrogations quant à l’avenir de la majorité qui dirige le conseil de la ville de Rabat pour le reste du mandat législatif», écrit le quotidien, selon lequel «ce bouleversement fragilise l’équilibre des forces politiques et organisationnelles» à Rabat et soulève «de sérieuses questions sur les préparatifs des prochaines élections législatives», ce qui laisse planer «de grandes incertitudes sur la reconfiguration future de la carte électorale» dans la capitale.




