Législatives: démission collective à Rabat, dont celle de la maire, à cause de la guerre des investitures au RNI

La maire de Rabat, Fatiha El Moudni, présidant le Conseil communal du 3 octobre 2024 (Y.Mannan/Le360).

La maire de Rabat, Fatiha El Moudni (Y.Mannan/Le360).

Revue de presseHuit élus du Rassemblement national des indépendants (RNI), menés par la maire de Rabat, Fatiha El Moudni, et le président de l’arrondissement du Souissi, Adil Al Atrassi, viennent de claquer la porte du parti. Cette défection intervient au lendemain de la communication de l’identité des têtes de liste du RNI pour le scrutin législatif. Des leaders de longue date dans la capitale ont été évincés, au profit d’un nouveau venu, Alaa Eddine Bahraoui. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 07/06/2026 à 17h10

Alors que la campagne électorale pour les législatives n’a pas encore été initiée, les conséquences de décisions de parrainage au RNI font déjà des remous. Le vendredi 5 juin dernier, à l’occasion de la session ordinaire du conseil de l’arrondissement du Souissi, huit élus, dont Adil Al Atrassi, président de cet arrondissement, de même que la maire de Rabat, Fatiha El Moudni, ont collectivement présenté leur démission. Dans la foulée, Adil Al Atrassi a annoncé sa volonté de retrait de toute activité politique et électorale au RNI, confirmant ainsi son départ définitif de ce parti.

Selon Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 8 juin, les signataires de cette déclaration ont toutefois précisé vouloir poursuivre l’exercice de leur mandat électoral jusqu’au terme de la législature en cours. Bien que le communiqué ne dévoile pas ce qui motive cette rupture, la date choisie pour cette annonce la rend indissociable des récentes décisions prises en interne au RNI.

Ce départ collectif intervient en effet dans le contexte de la divulgation par le RNI de l’identité de certaines têtes de liste pour le prochain scrutin législatif, tout particulièrement le choix qui a été porté sur Alaa Eddine Bahraoui, en tant que candidat en tête de la liste de la circonscription de Rabat-Chellah. Cette décision est d’autant plus contestée que plusieurs leaders et élus de premier plan au RNI, dont Adil Al Atrassi, n’ont pas été désignés.

Cette décision collective est d’autant à prendre en considération qu’elle concerne des élus dont le rôle est central, en ce qui concerne la gestion du RNI dans la capitale. Fatiha El Moudni est en effet la présidente du conseil communal de Rabat, et Adil Al Atrassi préside quant à lui l’arrondissement du Souissi. Les élus démissionnaires ont toutefois tenu à préciser que leur décision «ne saurait être interprétée comme un retrait de la gestion des affaires publiques», et ont réaffirmé «leur engagement à assumer pleinement leurs responsabilités électives et à défendre les intérêts des habitants jusqu’à la fin de la mandature», relaie le quotidien.

Ce qui vient d’avoir lieu à Rabat, pour le RNI, dépasse «un simple désaccord autour d’un nom ou d’une tête de liste», observe Al Ahdath Al Maghribia, selon lequel cette crise révèle «la difficulté croissante à concilier les impératifs de renouvellement des élites politiques, la préservation des équilibres internes, et la prise en compte des aspirations de dirigeants locaux forts d’une présence électorale et organisationnelle accumulée au fil des années».

Cette démission collective entraîne des doutes sur la capacité du RNI à contenir, selon le quotidien, «les effets d’une secousse organisationnelle dans la circonscription la plus symbolique du Royaume», d’autant que ces annonces «surviennent à un stade relativement précoce des préparatifs pour les prochaines échéances électorales».

Par Hassan Benadad
Le 07/06/2026 à 17h10