Les tensions au sein du RNI dans la région de Rabat-Salé-Kénitra s’intensifient à l’approche des prochaines échéances électorales, révélant des fractures profondes autour de la gestion des parrainages. Ce climat de divisions, qui oppose notamment des figures locales et des responsables du parti, reflète une bataille acharnée pour le contrôle des circonscriptions clés, en particulier dans la capitale administrative, relate le quotidien Al Akhbar de ce vendredi 15 mai. La situation est particulièrement tendue au sein de la mouvance locale dirigée par Saad Benmbarek, coordinateur régional du RNI. Ce dernier exprime ouvertement son mécontentement quant à la manière dont a été géré le dossier des parrainages, notamment après l’attribution de la candidature dans la circonscription de l’Océan à Rabat à Taher Joumani, un jeune militant de 23 ans. Dans des réunions internes, Benmbarek aurait critiqué le manque de transparence et de concertation dans les décisions prises, estimant qu’elles ne respectent ni les équilibres internes ni le parcours des autres candidats pressentis pour se présenter aux élections.
Les ambitions de Benmbarek dépasseraient largement la gestion des affaires locales. Ces derniers mois, son nom était régulièrement évoqué pour jouer un rôle plus important au sein du parti, à l’échelle régionale. Pourtant, les développements récents semblent avoir rebattu les cartes, mettant en péril sa position et son avenir politique au sein du RNI. Parallèlement, le nom d’Asmaa Rhlalou, membre du bureau politique du parti, figurait parmi les favoris pour représenter la circonscription de l’Océan. Son profil et sa visibilité dans les instances dirigeantes du RNI avaient renforcé cette hypothèse, d’autant que plusieurs rencontres préparatoires avaient eu lieu en amont de l’annonce officielle des parrainages. C’est donc avec surprise que la désignation de Taher Joumani a été accueillie dans certains milieux du parti, relate Al Akhbar. Ce choix, perçu comme un revirement dans la stratégie de sélection des candidats, a suscité des réactions contrastées. Certains observateurs y voient une volonté de renouvellement générationnel, tandis que d’autres s’interrogent sur les motivations réelles derrière cette décision, d’autant que plusieurs noms semblaient mieux placés pour briguer le siège.
L’absence remarquée de Saad Benmbarek lors de la réunion organisée par le RNI pour officialiser le soutien à Joumani a été interprétée comme un signe supplémentaire des divisions internes. Ce boycott, volontaire ou non, a alimenté les spéculations sur l’ampleur des désaccords au sein de l’appareil partisan. Des rencontres ont été organisées entre Joumani et plusieurs conseillers municipaux de Rabat, dans le but de démontrer que sa désignation bénéficie d’un large soutien au sein du parti, relaie Al Akhbar.
Toutefois, cette initiative n’a pas suffi à apaiser les tensions, un courant opposé émergeant clairement, regroupant des figures proches de Benmbarek et des militants mécontents de la tournure prise par les événements. Selon Al Akhbar, la candidature de Joumani pourrait s’inscrire dans un plan plus large de restructuration du RNI au niveau de la région de Rabat. Cette hypothèse s’inscrit dans un contexte de remaniement interne, consécutif à une série de revers organisationnels. Ces rivalités, récurrentes au sein du parti, illustrent les difficultés croissantes auxquelles fait face le RNI pour maintenir son unité, alors que les échéances électorales approchent et que la pression pour performer s’accentue.




