Parlement: la nouvelle configuration post-électorale redessine les équilibres politiques

Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement.

Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement.

Revue de presseAvec une majorité confortable de sièges au Parlement, le gouvernement de Fatima-Ezzahra El Mansouri doit prouver qu’il peut passer de la logique des consensus politiques à celle de réalisations concrètes. En parallèle, l’opposition est appelée à jouer son rôle de contre-pouvoir constructif, capable de suivre l’exécution des engagements gouvernementaux et de formuler des propositions alternatives. Cet article est une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 13/10/2026 à 19h19

Les consultations politiques entamées après les élections législatives ont dessiné ce que sera la configuration de la majorité gouvernementale composée de quatre partis —le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS—, qui détiennent à eux seuls 207 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants.

Cette configuration de coalition permettra de garantir la stabilité gouvernementale et d’assurer un soutien parlementaire nécessaire à l’application du programme gouvernemental.

En face, une opposition forte et multiforme doit se constituer, comprenant notamment le RNI, le PJD et l’Alliance de la gauche aux côtés de l’UC qui a choisi le soutien critique, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 14 octobre. Le retour de l’USFP et du PPS à la gestion gouvernementale revêt une importance politique particulière, après cinq années passées dans les bancs de l’opposition.

Cependant, le passage du RNI dans l’opposition, après que ce parti ait dirigé un gouvernement dont le mandat a pris fin, constitue la transformation la plus importante produite par la nouvelle carte politique.

Le poids de l’opposition ne se limite pas au nombre de sièges détenus, mais dépend aussi de sa capacité à se coordonner sur les questions communes, à développer un discours de contrôle cohérent et à présenter des alternatives opérationnelles aux politiques publiques. En effet, l’existence de partis dotés d’une expérience de gestion gouvernementale, aux côtés de forces aux orientations d’opposition diverses, pourrait élever l’intensité des débats au Parlement et faire des séances de questions orales et écrites et des discussions des projets de loi une étape-clé à même de tester la capacité du gouvernement à convaincre ses partenaires et électeurs et à défendre ses décisions.

L’UC, qui opte pour un soutien critique, et reste en dehors de la majorité gouvernementale, soutiendra certaines orientations et initiatives jugées appropriées, et s’attachera à préserver son indépendance et la possibilité d’adresser ses critiques au gouvernement.

La nouvelle majorité est confrontée à un véritable test: sa capacité à transformer le nombre de sièges obtenus en une force politique cohérente, qui pourra dépasser les divergences de ses composantes et fixer des priorités claires à l’action gouvernementale.

Parmi les principaux défis qui attendent le gouvernement, le rétablissement de la confiance des électeurs envers les institutions politiques, la lutte contre le chômage des jeunes, la réduction des disparités sociales et territoriales, l’amélioration de la qualité des services publics et une justice sociale plus efficiente, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

De fait, l’enjeu essentiel de la formation du gouvernement, piloté par Fatima-Ezzahra El Mansouri permettra de prouver sa capacité à passer des consensus qui étaient jusqu’ici requis, à des réalisations concrètes. Et dans le camp de l’opposition, les partis qui s’y sont rangés pourront démontrer leur capacité à exercer un contrôle efficace et responsable, en dépassant les critiques purement conjoncturelles de l’action gouvernementale pour présenter leurs propositions alternatives, tout en assurant le suivi de l’exécution des engagements des membres de l’équipe gouvernementale.

Par Hassan Benadad
Le 13/10/2026 à 19h19