La circonscription électorale de Sala Al Jadida traverse une période de recomposition politique majeure à l’approche des prochaines échéances législatives. Le phénomène des transferts de personnalités entre formations rivales, souvent qualifié de mercato politique, vient bouleverser la grille de lecture habituelle des équilibres régionaux. «La dynamique locale se trouve totalement redéfinie par le changement d’étiquette de figures d’influence, rendant l’issue du scrutin particulièrement incertaine et la tâche des observateurs particulièrement délicate», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du mercredi 19 août.
Au cœur de cet affrontement, trois personnalités attirent l’attention et concentrent une part déterminante des attentes électorales. D’un côté, Mohamed Benchetia effectue un virage stratégique en rejoignant le Mouvement populaire, ce qui constitue un coup dur direct pour son ancienne formation, le Parti authenticité et modernité. Son parcours pose la question centrale de la fidélité des électeurs : suivront-ils l’homme et sa notoriété personnelle ou resteront-ils attachés au symbole partisan sous lequel il s’est fait connaître? Le défi pour lui consiste désormais à prouver que son assise électorale repose sur une légitimité propre et sur un réseau d’influence locale solide, indépendamment des structures qui l’ont porté par le passé.
De son côté, le Parti authenticité et modernité se trouve confronté à une épreuve de vérité. La perte de son candidat sortant oblige l’appareil politique à réorganiser rapidement son dispositif pour défendre son siège. En accordant l’investiture à Larbi El Rouich, transfuge issu du Parti de la justice et du développement et disposant d’un ancrage dans la commune de Shoul, le parti tente un pari ambitieux. «La transition ne manque pas de soulever des interrogations, car l’expérience de ce candidat s’est principalement forgée dans un cadre rural restreint, à l’échelle locale. Son aptitude à transposer ce capital politique dans une circonscription plus vaste et urbaine comme Sala Al Jadida demeure l’un des enjeux majeurs de la campagne», souligne Al Akhbar.
Face à cette dualité, la candidature d’Abdelkrim El Zemzami sous les couleurs du Rassemblement national des indépendants introduit une variable capable d’altérer la trajectoire de l’élection. Précédemment affilié au Mouvement populaire, ce candidat ne se présente pas en simple figurant mais en prétendant sérieux, en mesure de tirer parti de la fragmentation des voix entre ses principaux rivaux. Sa force réside dans la combinaison d’une machine partisane bien structurée, représentative de la majorité gouvernementale, et d’un réseau personnel étendu. Si la dispersion des suffrages se confirme le jour du vote, sa capacité à rassembler un électorat transversal pourrait créer la surprise et faire basculer le résultat final.
Les autres forces politiques représentées dans la circonscription, qu’il s’agisse des formations de gauche ou du Parti de l’Istiqlal, continuent de jouer un rôle non négligeable. Même si leurs candidats apparaissent au second plan dans les projections immédiates, leur capacité à mobiliser des relais militants et à capter une part significative des bulletins pourrait s’avérer déterminante lors du décompte des voix. Dans une compétition aussi serrée, la moindre variation dans la répartition des suffrages secondaires aura un impact direct sur l’attribution définitive des sièges attribués à Salé El Jadida.




