Dans la circonscription de Rabat-Chellah, trois candidats sont jusqu’à présent déclarés vainqueurs du scrutin du 23 septembre, mais ce qui a été une âpre bataille électorale n’a toujours pas pris fin. El Bachir El Sakhi, candidat du MP qui conteste ces résultats, vient de porter plainte pour fraude électorale. Considéré comme l’un des prétendants les plus solides de cette circonscription, le candidat du MP conteste plusieurs PV dressés dans différents bureaux de vote où, selon ses affirmations, des dépassements ont été relevés lors du scrutin, tout particulièrement dans les quartiers de Youssoufia et d’El Nahda, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 30 septembre.
Cette posture qu’il a adoptée n’est pas, en soi, une contestation globale des résultats, mais repose, selon le candidat du MP, sur des éléments précis, qui ont été consignés dans les PV qu’il conteste. El Bachir El Sakhi n’a pas encore pu, indique le quotidien, «obtenir une copie intégrale de sa réclamation ou des documents concernés», des interrogations restent en suspens sur la nature exacte de ces irrégularités, et sur leur incidence potentielle sur le résultat des urnes.
Le recours à la justice de ce candidat survient alors que selon les résultats qui viennent d’être proclamés, le secrétaire d’État sortant, en charge du département l’Habitat, Adib Benbrahim (Parti authenticité et modernité -PAM), a été déclaré vainqueur de ce vote, au même titre que Mohamed Tahiri et Lahcen Lachgar, tous deux candidats de l’Union socialiste des forces populaires -USFP.
Al Ahdath Al Maghribia indique que le ministère de l’Intérieur a rendu publics hier, lundi 28 septembre, «la conformité totale des résultats définitifs des législatives avec les tendances provisoires initiales, suite à la validation des travaux de transmission des dossiers par les commissions de recensement auprès de la Cour constitutionnelle».
La plainte du candidat du MP contient six procès-verbaux électoraux, issus de bureaux de vote des circonscriptions très disputées de Youssoufia et d’El Nahda, où se concentre l’essentiel des votes qu’il conteste.
Le quotidien précise toutefois que «la seule présence de mentions ou d’observations au sein d’un procès-verbal ne suffit pas à invalider automatiquement un scrutin, l’appréciation de leur véracité et de leur portée réelle relevant exclusivement de la juridiction compétente». Ainsi, «les procès-verbaux demeurent des pièces maîtresses du contentieux électoral, la législation permettant aux candidats d’y accéder dans les délais impartis pour s’assurer de la régularité des opérations», relaie le quotidien qui assure que le ministère de l’Intérieur tient à rassurer l’opinion publique sur «l’intégrité globale du scrutin». Si les infractions signalées, preuves matérielles à l’appui produites par El Bachir El Sakhi, en venaient à être reconnues comme exactes par la justice, ce litige électoral permettra de relancer la bataille post-électorale qui se joue actuellement à Rabat. Le magistrat en charge de l’examen de cette plainte doit rendre son verdict dans moins d’un mois.




