Le Bureau exécutif du Collectif international de soutien aux familles marocaines expulsées par l’Algérie en 1975 (CIMEA-75) vient d’adopter son plan d’action pour 2027, incluant des recours devant des juridictions internationales.
Dans un communiqué parvenu à Le360, le Collectif indique avoir examiné, lors de sa réunion tenue le 7 septembre 2026, une série de points portant notamment sur «le fonctionnement général du Collectif, ses programmes et activités au titre de l’année en cours, ainsi que ses perspectives d’action».
Le Bureau exécutif a également dressé le bilan des initiatives et activités menées par le Collectif à la suite de «sa participation à la session du Conseil des droits de l’Homme à Genève, en septembre 2025», ainsi que de la présentation d’un rapport consacré à l’expulsion arbitraire des Marocains d’Algérie, survenue le 8 décembre 1975.
Ce rapport a été élaboré à l’occasion du 50e anniversaire de cette tragédie, suscitant un vif intérêt médiatique, souligne la même source.
Dans le cadre de sa stratégie de plaidoyer, ajoute le communiqué, le Collectif international, en coordination avec l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), a soumis une plainte au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’Homme des migrants.
Le Collectif prépare également «le recours aux mécanismes de la justice internationale dans le cadre de ce qui est communément qualifié de contentieux stratégique, en explorant les possibilités offertes par la compétence de certaines juridictions en vue d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de certains responsables de l’État algérien, au regard de leur responsabilité présumée dans les graves violations des droits fondamentaux subies par les Marocains expulsés arbitrairement d’Algérie».
Le CIMEA-75 prévoit, en outre, de commémorer, le 8 décembre prochain, le 51e anniversaire de l’expulsion des Marocains d’Algérie, à travers la présentation «d’une publication regroupant le rapport élaboré par le Collectif international ainsi que les documents qui lui sont annexés».
Cette publication fera également l’objet de présentations lors d’autres rencontres organisées en coordination avec les partenaires du Collectif.
Pour rappel, le CIMEA-75 est une organisation civile indépendante, créée le 27 février 2021 sur la base des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme, notamment la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’Homme et les deux Pactes internationaux relatifs aux droits de l’Homme.
Le Collectif a pour mission, selon ses statuts, d’œuvrer «en faveur de la reconnaissance officielle, par l’Algérie, des violations commises, de la reconstruction et de la préservation de la mémoire de l’expulsion des Marocains d’Algérie en 1975, ainsi que de la défense des intérêts des personnes expulsées auprès des instances nationales et internationales».
Il revendique également la restitution des biens confisqués, la réparation des préjudices matériels et moraux subis par les victimes, ainsi que le renforcement des efforts visant à permettre la réunification des familles séparées.
En 1975, les autorités algériennes avaient expulsé, en pleine fête de l’Aïd Al-Adha, quelque 350.000 Marocains établis en Algérie. Cette décision avait été prise en représailles à la Marche Verte, qui avait mobilisé 350.000 Marocains vers le Sahara marocain.
Pour le CIMEA-75, ce dossier demeure l’un des volets les plus lourds du contentieux entre Rabat et Alger, alors que l’Algérie continue d’affirmer ne pas être partie au conflit autour du Sahara marocain.
Avec son plan d’action pour 2027, le CIMEA-75 entend internationaliser davantage le dossier des Marocains expulsés d’Algérie en 1975. Entre mémoire, réparation, restitution des biens et actions judiciaires, le Collectif veut inscrire cette affaire dans la durée et porter devant les instances internationales la responsabilité présumée d’Alger dans cette expulsion massive.




