La commission d’enquête parlementaire sur la subvention du bétail peine à démarrer

Rachid Hammouni, président du groupe PPS.

Revue de pressePrévue pour le lundi 29 juillet prochain à la Chambre des représentants, la séance inaugurale de la commission d’enquête sur les aides à l’importation du bétail a été reportée sine die. Un contretemps en apparence anodin, qui a aussitôt envenimé les échanges entre les différents présidents de groupes parlementaires, chacun y allant de ses accusations, de sa lecture des faits et de ses soupçons. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 30/06/2026 à 17h30

La réunion convoquée pour le lundi 29 juillet prochain à la Chambre des représentants, dans le but «d’activer la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la subvention accordée aux importateurs de bétail», a été reportée «à une date ultérieure», annonce Al Akhbar de ce mercredi 1er juillet. Un report inopiné qui a aussitôt attisé les tensions entre les présidents des groupes parlementaires, ce qui a donné lieu à un vif échange d’accusations sur les causes ayant mené à cette décision, de même que sur «le degré d’engagement réel des différentes forces politiques à concrétiser cette instance de contrôle», précise le quotidien.

Rachid Hamouni, président du groupe du Parti du progrès et du socialisme (PPS), n’a pas dissimulé son irritation, explique Al Akhbar, en dénonçant ce qu’il perçoit comme «une carence de sérieux auprès de plusieurs de ses homologues, aussi bien au sein de la majorité que dans l’opposition, après l’échec de la séance initialement prévue en présence de l’ensemble des composantes de la Chambre». Le quotidien ajoute qu’il s’est dit «surpris» par l’absence de ses collègues, qui n’avaient pas avisé de leur absence, y voyant là «une manœuvre dilatoire injustifiée visant à allonger artificiellement la procédure de constitution de la commission».

Le quotidien écrit que, «fort de vingt signatures déjà recueillies par son groupe, [Rachid Hamouni] a plaidé pour une accélération de la collecte des paraphes nécessaires, tout en mettant en garde contre une dérive: celle qui transformerait ce mécanisme constitutionnel en un simple outil de marketing médiatique ou en un instrument électoraliste, au détriment de la quête de vérité sur les contours et les effets du soutien public à l’importation ovine».

Al Akhbar précise qu’en réponse à ces assertions, «Ahmed Touizri, président du groupe du Parti Authenticité et modernité (PAM), a justifié ce report par des engagements partisans imprévus et urgents. Quant à Abdallah Bouanou, président du groupe du Parti de la justice et du développement (PJD), il était en mission en dehors de Rabat». En conséquence, ajoute le quotidien, «Touizri a fermement rejeté toute volonté de retarder ou d’étirer la procédure, assurant qu’un accord avait été trouvé pour reprogrammer une nouvelle réunion soit le mardi 30 juin, soit le mercredi 1er juillet, afin de poursuivre les consultations».

Selon Ahmed Touizri, relayé par Al Akhbar, «le débat actuel ne porte pas sur le principe même de la création de la commission, mais sur l’étendue de son champ de compétence» puisque, se demande-t-il, «l’enquête doit-elle se circonscrire au seul dossier de l’importation du bétail, ou bien embrasser l’ensemble des dispositifs publics d’aide et de subvention?»

Le député du PAM a souligné que son groupe à la Chambre des représentants, aux côtés de ceux du Parti de l’Istiqlal (PI) et de l’Union constitutionnelle (UC), demeurait «attaché à réunir toutes les conditions de réussite de cette initiative de contrôle parlementaire, afin qu’elle puisse contribuer à dissiper les zones d’ombre entourant la finalité réelle des subventions allouées aux opérateurs de cette activité»: l’importation de bétail à des fins d’abattage, pour une distribution optimale de viande rouge, afin de satisfaire la demande des consommateurs.

Par Hassan Benadad
Le 30/06/2026 à 17h30