Guerre des chefs au sein de la majorité: la coalition gouvernementale au bord de l’explosion

Lors de la réunion de la majorité gouvernementale, mardi 30 septembre 2025 à Rabat.

Lors de la réunion de la majorité gouvernementale, mardi 30 septembre 2025 à Rabat.

Revue de presseAlors que le RNI, le PAM et l’Istiqlal s’écharpent ouvertement sur le nomadisme politique et la responsabilité de la cherté de la vie, l’alliance gouvernementale traverse l’une des crises les plus sévères de son mandat, menaçant de faire voler en éclats sa cohésion à l’approche des échéances électorales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 31/07/2026 à 19h49

Le gouvernement de coalition traverse une tempête politique d’une sévérité inédite, marquée par une rupture quasi totale des canaux de communication entre les ministres et les dirigeants des partis composant la majorité. Les tensions accumulées au sein de l’exécutif ont fini par provoquer des affrontements verbaux et un échange d’accusations d’une virulence rare, menaçant de faire exploser la cohésion gouvernementale de l’intérieur. Cette détérioration du climat politique survient dans un contexte de gel de la présidence de la majorité et de suspension de facto des concertations, laissant chaque formation politique faire cavalier seul et défendre de manière isolée son propre bilan à l’approche des échéances électorales, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 1er et 2 août.

Au cœur de cette crise figure la controverse autour du nomadisme politique et du débauchage d’élus entre alliés de la coalition. Les dirigeants du PAM ont exprimé leur vive indignation à la suite des déclarations du chef du gouvernement et président du RNI, Aziz Akhannouch. Ce dernier avait ouvertement minimisé la portée des récents ralliements de profils technocrates vers la direction du PAM, qualifiant ces mouvements de simple mercato estival sans véritable valeur politique. Le leader du RNI avait opposé le travail de terrain mené par sa formation durant cinq années au réveil qu’il juge tardif de ses partenaires de la majorité.

Soulignant que le RNI s’est largement structuré en attirant à lui de nombreux cadres issus des rangs du PAM, les responsables du parti au symbole de la clé ont dénoncé une tentative de véhiculer des illusions, affirmant que le RNI avait été le principal bénéficiaire des opérations de transhumance politique lors des législatives de 2021. À cet égard, le PAM exige le retour de plusieurs figures parlementaires et responsables politiques considérés comme prêtés lors du dernier scrutin, citant expressément Mohamed Chaouki. Du côté du PAM, on insiste sur le fait que l’attraction de compétences s’inscrit dans une démarche stratégique de long terme visant à restaurer la confiance dans les institutions politiques, et non dans une logique de mercato électoraliste immédiat, écrit Assabah.

La tension s’est encore accentuée avec l’entrée en scène de l’Istiqlal, dont la direction a vivement critiqué les récentes manœuvres de débauchage opérées au détriment de ses structures régionales. L’adhésion de Khattat Yanja, président du conseil de la région Dakhla-Oued Ed-Dahab, à une formation alliée, a été qualifiée par l’Istiqlal de violation flagrante de la charte de la majorité. Les responsables du parti déplorent qu’aucune réunion d’urgence n’ait été convoquée pour traiter cette crise et éteindre les incendies politiques qui menacent la stabilité du bloc gouvernemental.

En réponse aux attaques voilées émanant de certains responsables du RNI, qui accusaient l’Istiqlal de tenter de se désolidariser du bilan gouvernemental et de céder à la surenchère électorale, le secrétaire général Nizar Baraka a fermement rejeté toute responsabilité dans la détérioration du pouvoir d’achat, rapporte Assabah. Il a dénoncé une orientation économique ayant favorisé les logiques de rente et de spéculation au détriment de l’investissement productif et de la création d’emplois durables, pointant du doigt ces choix comme étant les véritables responsables de la hausse générale des prix et de la colère populaire. Dans la même ligne, un haut responsable istiqlalien a rappelé avoir dénoncé, dès les premières réunions restreintes de la majorité, le détournement des mécanismes de soutien et de subvention au profit d’intérêts personnels, qualifiant d’inacceptable toute manipulation des deniers publics qui vient impacter directement la capacité financière des citoyens.

Par La Rédaction
Le 31/07/2026 à 19h49