Alors que la scène politique marocaine entre dans une phase cruciale, marquée par l’attente de la désignation du chef du gouvernement par le roi Mohammed VI, conformément aux dispositions de l’article 47 de la Constitution, des tensions et des divisions internes secouent le Parti authenticité et modernité (PAM). «L’opinion publique et les dirigeants des partis retiennent leur souffle dans l’attente de l’annonce royale concernant la personnalité qui succédera à Aziz Akhannouch», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 28 septembre.
Dans ce contexte de transition, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l’Istiqlal affichent leur volonté de poursuivre l’aventure gouvernementale et mènent des tractations en coulisses pour obtenir des portefeuilles ministériels de premier plan. Les deux formations attendent l’ouverture officielle des consultations directes dès la nomination du nouveau chef de l’exécutif. Parallèlement, plusieurs autres formations politiques manifestent un vif intérêt pour une entrée dans la future majorité aux côtés du PAM, tandis que d’autres hésitent encore à clarifier leur position vis-à-vis de l’opposition, à l’exception notable du Parti de la justice et du développement (PJD) et de l’Alliance de la gauche.
Au sein même du PAM, les remous sont particulièrement vifs. L’évocation du nom de Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances et figure centrale de la réussite électorale du parti du tracteur, suscite l’étonnement de certains partisans, d’autant plus que l’intéressé ne s’est pas rendu au siège central du parti lors de la proclamation des résultats. «Des sources proches du dossier soulignent que, si le choix de Lekjaa venait à se concrétiser, il disposerait d’une assise solide au sein de la machine partisane, notamment grâce au soutien de la coordinatrice nationale Fatima-Zahra Mansouri, et bénéficierait également d’autres appuis stratégiques», écrit Assabah.
D’autres voix au sein du parti s’interrogent ouvertement sur les ambitions de figures comme Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, dont les sorties médiatiques et les déclarations sur les résultats électoraux continuent d’animer le débat public. L’éventualité de voir une femme diriger l’exécutif pour la première fois dans l’histoire du pays, en l’occurrence Fatima-Zahra Mansouri, est perçue par ses partisans comme un honneur et une responsabilité historique majeure. Dans le même temps, d’autres acteurs politiques, à l’instar de l’Union constitutionnelle et du Mouvement démocratique et social, affichent clairement leur disposition à former un groupe parlementaire commun afin de renforcer leur poids dans les négociations à venir.



