Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a dressé un bilan rigoureux et prospectif des finances publiques nationales lors de sa récente intervention devant la commission du contrôle des finances publiques à la Chambre des représentants. Dans un discours axé sur la transparence et l’efficacité, le responsable gouvernemental a réaffirmé «la détermination de l’exécutif à accentuer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales», indique Assabah de ce vendredi 3 juillet. Cette offensive vise principalement à «combler les failles réglementaires exploitées par les spéculateurs, tout en garantissant la pérennité des réformes structurelles engagées par l’État», ajoute le quotidien.
Fouzi Lekjaa s’est félicité «des performances positives enregistrées, illustrées par une hausse remarquable de 14% des recettes fiscales ordinaires entre 2022 et 2024, soit une progression de 39,3 milliards de dirhams», affirme le quotidien, qui précise qu’«avec un taux de réalisation de 113% par rapport aux prévisions initiales, la trajectoire actuelle indique que le pays est en mesure de doubler ses ressources fiscales ordinaires d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve du maintien du rythme de recouvrement». Cette dynamique ascendante «projette l’administration financière vers des défis majeurs à l’horizon 2026. La gestion du dernier tiers de cette année-là s’annonce particulièrement délicate, puisqu’elle intervient dans le contexte des prochaines échéances électorales, une période au cours de laquelle le gouvernement devra concilier l’ambition de doublement des recettes et la poursuite de réformes structurelles profondes», précise Assabah, de l’avis duquel «certaines de ces réformes dépendent de l’évolution de la loi organique afin d’optimiser le contrôle des dépenses».
Fouzi Lekjaa a insisté sur «la nécessité d’ancrer durablement une culture de la performance et de la gestion axée sur les résultats au sein des institutions publiques», puisque, selon le ministre, «la modernisation de ce chantier requiert de profonds ajustements législatifs et institutionnels pour mesurer de manière concrète l’impact des deniers publics sur le quotidien de la population, un objectif qui exige une coopération étroite et continue entre le gouvernement et l’institution parlementaire». Selon Assabah, «l’analyse de l’exécution budgétaire révèle des indicateurs macroéconomiques encourageants», et à cet égard, Fouzi Lekjaa s’est montré optimiste à propos de «la capacité de l’État à contenir le déficit public sous le seuil critique des 3%, et à maintenir le niveau d’endettement global en dessous de 66% du produit intérieur brut». À propos de la question de la gouvernance, le ministre a qualifié le raccourcissement des délais d’examen de la loi de règlement d’«avancée majeure pour le Parlement», ce qui lui offre «un levier d’action efficace pour évaluer l’action ministérielle et rectifier les trajectoires budgétaires en temps opportun», indique le quotidien. Les discussions actuelles autour du projet de règlement témoignent de cette volonté de rationalisation, avec «pour ambition ultime de réduire ces délais à leur plus stricte expression dans les années à venir», atteste Assabah.
Sur le plan comptable, ajoute le quotidien, «l’exercice budgétaire s’est soldé par des volumes financiers conséquents. Les dépenses globales de l’État ont atteint 516,7 milliards de dirhams, tandis que les ressources globales recouvrées se sont élevées à 577,9 milliards de dirhams. Ce niveau de perception exceptionnel représente un taux d’exécution global de 121%, les recettes ordinaires comptant pour environ 70% de l’enveloppe totale», ce qui induit que cet exercice budgétaire «affiche un excédent de ressources par rapport aux dépenses de l’ordre de 56,84 milliards de dirhams, une performance en parfaite adéquation avec les prévisions consignées dans le projet de loi de règlement», assure Assabah.
Ces résultats financiers ont été obtenus malgré «un environnement international instable et de turbulences conjoncturelles majeures à l’échelle nationale», précise le quotidien, qui relaie le fait que «le pays a traversé sa sixième année consécutive de sécheresse, une crise climatique qui a lourdement pénalisé les performances du monde agricole, dont la valeur ajoutée s’est contractée de 4,%, ce qui freine mécaniquement la dynamique globale de création de richesse». Relayant les propos du ministre délégué chargé du Budget, le quotidien précise que «malgré ce choc exogène, l’économie nationale a fait preuve d’une résilience remarquable en affichant un taux de croissance d’environ 3,8%, soit une amélioration de 0,4 point par rapport à l’année précédente». Il s’agit là d’«un redressement largement attribuable à la solidité des secteurs non agricoles, en croissance de 4,5%, portés par le dynamisme de l’activité touristique et la vigueur des exportations de phosphates et de l’industrie automobile», a estimé le ministre chargé du Budget, relayé par le quotidien, qui ajoute que «ces performances industrielles et de services ont efficacement compensé le repli du secteur primaire, tandis que le retour récent de précipitations plus favorables laisse présager de meilleures perspectives et augure d’une bonne campagne agricole pour la période en cours».




