Formation professionnelle: Sekkouri et Tricha enterrent la hache de guerre

Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, lors de son passage sur la chaîne 2M le 22 avril 2026. À l’arrière-plan figurent Loubna Tricha, directrice générale de l’OFPPT, et Hicham Sabiry, secrétaire d’État chargé de l’Emploi.

Après une période marquée par des divergences publiques, le ministre de l’Emploi Younes Sekkouri et la directrice de l’OFPPT Loubna Tricha affichent désormais un front uni. Leur apparition conjointe hier sur 2M acte un apaisement des relations, dans un contexte de réformes attendues du secteur de la formation professionnelle.

Le 23/04/2026 à 11h45

Après plusieurs mois de divergences exposées au grand jour, le ministre de l’Emploi Younes Sekkouri et la directrice générale de l’OFPPT, Loubna Tricha, ont affiché une réconciliation appuyée lors du passage du ministre sur la chaîne 2M, dans l’émission «Sa3at Assaraha». Au-delà des mots, le langage des images a fortement contribué à faire passer le message. Un cadrage soigneusement choisi montrait le ministre entouré de deux responsables avec lesquels ses relations avaient été particulièrement tendues ces derniers mois, envoyant ainsi un signal clair d’apaisement.

D’une part, le secrétaire d’État à l’Emploi, Hicham Sabiry, dont certains médias imputent au ministre la mise à l’écart et le retard dans la publication du décret fixant ses prérogatives. D’autre part, Loubna Tricha, figure centrale d’une précédente controverse avec le ministre, aujourd’hui visiblement dépassée au profit d’une séquence de rapprochement.

Cette mise en scène tranche avec la vive polémique qui avait opposé les deux responsables début novembre. À l’époque, Loubna Tricha avait publié un communiqué incisif, exprimant son «étonnement» et sa «vive stupéfaction» face aux déclarations de Younes Sekkouri sur la gestion des bourses des stagiaires. Elle y rejetait fermement la responsabilité des retards sur la tutelle, pointant plutôt des lenteurs administratives externes à l’OFPPT. L’office public avait également alerté sur des blocages budgétaires persistants, notamment un retard de plusieurs mois dans le déblocage d’une enveloppe estimée à 1,5 milliard de dirhams, impactant directement des projets stratégiques comme les Cités des métiers et des compétences. Ce programme, inscrit dans une dynamique nationale, avait même connu un arrêt de 14 mois faute de réunions du comité de pilotage.

Mais hier, sur le plateau de 2M, le ton a radicalement changé. Loubna Tricha a multiplié les signes d’adhésion aux propos du ministre, tandis que ce dernier n’a pas tari d’éloges à son égard. «Une femme gentille et souriante», a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que «dans le cadre du travail, des divergences peuvent exister». Insistant sur la primauté des orientations gouvernementales et royales, Younes Sekkouri a salué «une femme loyale et patriote, une véritable servante de son pays», mettant en avant son rôle déterminant dans la réalisation des Cités des métiers et des compétences.

Cette séquence médiatique marque un tournant dans les relations entre le ministère et l’OFPPT, au moment où le programme des Cités des Métiers et des Compétences (CMC) touche à son but. Le déploiement arrive à maturité avec 12 structures désormais réparties sur l’ensemble des régions du Royaume.

Elle s’inscrit également dans un contexte de recomposition du secteur. À l’occasion de la session d’avril du dialogue social, le gouvernement envisage d’introduire une inflexion majeure dans la gestion de la formation professionnelle continue dans le secteur privé. Dans cette perspective, l’Exécutif planche sur la création d’une nouvelle structure, distincte de l’OFPPT, visant à renforcer la gouvernance et à optimiser les mécanismes de gestion.

Par Wadie El Mouden
Le 23/04/2026 à 11h45