Emploi et handicap: Abdeljabbar Rachidi épingle les ministères qui trichent sur les quotas légaux

Abdeljabbar Rachidi, secrétaire d’Etat chargé de l'inclusion sociale.

Revue de presseAlors que près d’un foyer marocain sur trois est désormais concerné par le handicap, le secrétaire d’État chargé de l’Inclusion sociale, Abdeljabbar Rachidi, pointe du doigt les stratégies de contournement de certains ministères pour éviter le quota légal de recrutement. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 04/09/2026 à 19h58

Le secrétaire d’État chargé de l’Inclusion sociale, Abdeljabbar Rachidi, pointe du doigt le comportement de certains départements ministériels qui contournent délibérément les dispositions légales relatives à l’emploi des personnes en situation de handicap.

Lors de la présentation des premiers résultats de la troisième enquête nationale à Rabat, le responsable gouvernemental a révélé que plusieurs ministères annoncent volontairement des quotas de recrutement très faibles dans leurs concours. Cette pratique leur évite d’avoir à appliquer le taux légal de 7% réservé à cette catégorie de la population, une situation dénoncée par de nombreuses plaintes parvenues à son département, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 5 et 6 septembre.

Cette intervention a également été l’occasion de dévoiler une hausse significative du taux de prévalence du handicap au Maroc, désormais établi à 8,7%, contre 6,8% lors du précédent recensement de 2014, soit une progression de 1,9 point. Abdeljabbar Rachidi a toutefois tenu à nuancer cette évolution en précisant qu’elle ne traduit pas nécessairement une dégradation générale de la situation sur le terrain. Elle s’explique principalement par l’adoption de nouvelles normes internationales de mesure, incluant désormais de nouvelles catégories comme les enfants atteints d’autisme, reflétant ainsi une meilleure capacité statistique de détection et de suivi.

Les données révèlent également qu’environ 29% des ménages marocains sont aujourd’hui concernés par le handicap, ce qui représente près de 3 millions de personnes. En d’autres termes, une famille sur trois est désormais touchée, contre une sur quatre il y a dix ans. Le secrétaire d’État a souligné la nécessité de distinguer cet indicateur du taux de prévalence global, le premier mesurant le nombre de foyers comptant au moins une personne en situation de handicap, tandis que le second rapporte directement la population concernée à l’ensemble de la démographie nationale, écrit Assabah.

Pour répondre à ces enjeux, les conclusions de cette étude serviront de socle à l’élaboration de politiques publiques de soins médicaux et de santé adaptées aux spécificités de chaque région. Parmi les pistes d’action avancées figure la création de formations dédiées aux métiers et compétences liés au handicap dans les cités des métiers, notamment dans la fabrication d’équipements médicaux spécialisés au niveau national.

L’enquête met par ailleurs en lumière de fortes disparités régionales qui restent à analyser plus en détail. À titre d’exemple, la région de Béni Mellal-Khénifra enregistre le taux le plus élevé de personnes atteintes de handicap profond et moyen, atteignant environ 14,2% pour une population de 2,5 millions d’habitants, tandis que la région de Casablanca-Settat se classe au 11e rang avec un pourcentage nettement inférieur.

Enfin, le rapport indique que la prévalence du handicap sévère dépasse la moyenne nationale de 2,3% dans sept régions du Royaume, nécessitant un accompagnement renforcé et des aménagements techniques adaptés, tout en soulignant une vulnérabilité comparativement plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Par La Rédaction
Le 04/09/2026 à 19h58