Développement territorial: le Maroc amorce un virage stratégique vers le sur-mesure régional

Le ministère de l’Intérieur à Rabat.

Revue de presseConfronté aux disparités persistantes entre les territoires, le ministère de l’Intérieur engage une refonte majeure de sa politique de développement local. En rupture avec les programmes uniformes du passé, cette nouvelle feuille de route, sur mesure, entend responsabiliser les acteurs locaux, anticiper les mutations socio-économiques et garantir un impact direct et concret sur le quotidien des citoyens. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 17/08/2026 à 18h02

Les régions et provinces du Maroc s’apprêtent à franchir un cap décisif dans la gestion du développement territorial. L’objectif phare de ce tournant réside dans le passage de programmes standardisés et unifiés à une feuille de route sur mesure, façonnée selon les spécificités, les priorités sociales et économiques, ainsi que les besoins réels des populations de chaque zone, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 18 août.

Ce changement stratégique survient suite à une circulaire adressée par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, aux walis, gouverneurs et présidents de collectivités territoriales. Le ministre y lance un appel à une mobilisation générale pour concevoir une nouvelle génération de programmes d’aménagement territorial intégrés, aptes à se traduire concrètement par des projets ayant un impact direct et mesurable sur le quotidien des citoyens.

Cette orientation opérationnalise le contenu du discours du Trône du 29 juillet 2025, discours au cours duquel le roi Mohammed VI a demandé que soient adoptées des stratégies de développement tenant compte des particularités locales. Cette démarche vient consolider la régionalisatdion avancée, l’interdépendance et la solidarité entre les territoires, assurant de ce fait un partage plus équitable des fruits de la croissance, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

La véritable nouveauté réside dans l’abandon des solutions toutes faites au profit d’un diagnostic local rigoureux. Il ne s’agit plus seulement d’annoncer de nouveaux projets mais de définir précisément les carences propres à chaque zone, car les priorités d’une région ne correspondent pas nécessairement à celles d’une autre. Ce changement de cap s’appuie sur le bilan des réformes, investissements et infrastructures réalisés ces dernières années; autant d’actions qui ont permis d’améliorer le cadre de vie et de réduire les fractures territoriales.

Toutefois, la persistance de disparités précises pousse le ministère de l’Intérieur à cibler les dysfonctionnements avec une précision accrue pour une meilleure orientation des ressources. Dans ce nouveau schéma, le rôle des walis et gouverneurs devient crucial. Ils sont appelés à piloter une action rapide et efficace sur le terrain, en fédérant les différents acteurs autour de priorités partagées. Il s’agit de garantir la convergence des programmes et des investissements afin d’éviter la dispersion des efforts sans résultats tangibles, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Par ailleurs, la nouvelle approche privilégie l’anticipation en analysant les mutations démographiques, sociales et économiques pour guider les investissements vers les zones les plus vulnérables, tout en alignant la programmation sur les capacités et ressources locales. Au-delà de la simple répartition géographique des projets, le Maroc réinvente sa fabrique du développement local: analyser les besoins, sérier les priorités, mobiliser les moyens, coordonner l’action institutionnelle et évaluer les résultats. Si cette démarche parvient à se traduire sur le terrain par des indicateurs mesurables, cette nouvelle génération de programmes permettra de juger le progrès territorial non pas au nombre d’annonces mais à sa capacité réelle à réduire les inégalités, créer des opportunités et, pour finir, améliorer le bien-être des habitants.

Par le360
Le 17/08/2026 à 18h02